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19 Juil 2024 | Observatoire
 

La mode du panaché et du twist mélangeant de la bière et du sirop de citron reviendrait-elle au goût du jour ? Cest en tout cas ce que laisse entendre la dernière offensive du géant danois de la bière Carlsberg (Kronenbourg, 1664, Grimbergen, …).

Ce 8 juillet, le groupe a ainsi annoncé l’acquisition prochaine du spécialiste des boissons sans alcool britannique Britvic, pour 3,3 milliards de livres (3,9 milliards d’euros).

Connu en France pour ses sirops Teisseire ou ses jus de fruits bio Pressade, Britvic détient une quarantaine de marques dans les boissons rafraîchissantes et les sodas (Robinsons, MiWadi…). Sur son marché natal, ce groupe presque centenaire embouteille également plusieurs marques de l’américain PepsiCo (Pepsi Max, 7UP, Lipton Ice Tea et Rockstar Energy).

•• Selon Le Figaro, cet intérêt du brasseur danois, – dans le top 5 des brasseurs mondiaux derrière le belgo-brésilien AB InBev, le hollandais Heineken, ou le japonais Asahi – n’est pas réellement une surprise. Début juin, Britvic avait annoncé avoir repoussé deux offres de rachat du géant du houblon.

La troisième, qui valorise la cible 200 millions d’euros de plus qu’il y a un mois, sera donc la bonne. La décision de Pepsico de renoncer à la clause de changement de contrôle dans les accords d’embouteillage qu’il avait avec Britvic a aussi été décisive dans l’accord finalement trouvé entre Carslberg et le groupe britannique.

•• Entre linflation qui a pénalisé leurs volumes depuis plus de deux ans, et la tendance de fond à la moindre consommation dalcool dans les marchés matures, les brasseurs mondiaux ont connu des vents contraires.

Certes, les boissons houblonnées, qui avaient retrouvé dans les années 2010 leurs lettres de noblesse avec l’essor des bières artisanales, restent très en vogue auprès des millennials. Mais comme dans le vin ou les spiritueux, les grands acteurs de la bière n’échappent pas au besoin de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation. Par exemple du « moins mais mieux », et qui se traduit par une déconsommation structurelle dalcool. Les consommateurs sont aussi de plus en plus nombreux à se tenir à une stricte sobriété, ou à se tourner vers des boissons faiblement alcoolisées (le « no-low »). 

•• Pour s’adapter, les brasseurs qui ont construit pendant des décennies, à grands coups d’acquisitions, d’immenses empires de la bière, ont entamé ces dernières années une stratégie de diversification.

Celle-ci s’est d’abord traduite par une déclinaison de leurs marques phares sur des références 0° (zéro degré d’alcool). Cest le cas des brasseurs européens comme Heineken ou Carlsberg sur leurs labels iconiques : Heineken, Desperados pour le premier, ou 1 664 et Grimbergen pour le second.

La relance en 2014 de Tourtel Twist, une bière aromatisée sans alcool, par les brasseries Kronenbourg (Carslberg) figure aussi parmi les plus gros succès du marché ces dernières années.  Le succès est tel que certaines marques réalisent désormais près de 20 % de leur chiffre d’affaires sur ce segment du sans alcool.

Et cette stratégie n’a pas été démentie l’an dernier, où dans un marché de la bière pénalisé par les hausses de prix passées pour compenser l’inflation des coûts, les volumes des références sans alcool ont progressé de 3 % chez Carlsberg (-0,5 % pour les volumes totaux), et autour de 5 % chez Heineken (-4,7 % pour les volumes totaux). Photo : Bloomberg