Au printemps 2022, l’Institut du tabac de Bergerac (Dordogne) fermait définitivement ses portes (voir 19 et 17 mai 2022) avec une interrogation : qu’allait-il advenir de sa collection de plantes nicotiana ? Une des plus grosses au monde, avec plus d’un millier de variétés de tabac et ses proches cousins.
Comme l’explique Sud-Ouest, finalement, elle n’a pas bougé.
Officiellement, elle appartient toujours au groupe Imperial Brands, propriétaire de la Seita, qui en a ouvert l’accès aux chercheurs du monde entier. Mais une collection de graines, contrairement aux timbres ou aux fèves, cela s’entretient. Il faut les replanter régulièrement pour produire des graines fraîches. C’est l’entreprise Bergerac Seed and Breeding (BSB) qui se charge de ce travail.
•• Née à la disparition de l’Institut du tabac, elle est spécialisée dans la production de semences pour les tabaculteurs du monde entier. Elle occupe toujours le Domaine de la Tour, à Bergerac, face à la poudrerie.
« Comme nous utilisons cette collection au quotidien dans nos travaux, nous partageons les frais d’entretien avec Imperial Brands » explique Anna Malpica, responsable de recherches. « La collection compte 1 211 variétés déclarées, mais nous avons continué de l’enrichir avec des dons du monde entier. On fait en sorte que chacune soit multipliée tous les huit ans à raison de 150 par an environ. »
•• Les milliers de minuscules graines sont rigoureusement classées et conservées dans des salles où la température et l’hygrométrie sont contrôlées en permanence. « Cette collection est la matière première qui nous sert à pérenniser ou créer des variétés » précise Anna Malpica. « On va y trouver des caractères d’intérêt et les marier à des variétés qui s’adaptent bien aux conditions locales de production de nos clients. »
Depuis quelques années, BSB ne fait pas que du tabac et met aussi à profit son savoir-faire pour le compte de clients extérieurs sur d’autres espèces de végétaux comme des fruits et légumes. Toujours dans une optique de sélection.




