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paquet-neutre-cigarettesDerniers témoignages de la désorganisation engendrée par l’arrivée progressive du paquet neutre, avant l’étape du 20 novembre (date à partir de laquelle toutes les livraisons Logista aux buralistes sont uniquement en paquets neutres). 

•• À Guéret, si d’aucuns s’avouent dubitatifs quant à leur effet dissuasif, tous les buralistes sont persuadés d’une chose : ça va faire plus de boulot (La Montagne édition du 17 novembre). 

Pour le patron du Balto, « c’est une vaste plaisanterie. Les gens achèteront de la même façon et les plus pénalisés, ce sera d’abord nous, les buralistes. Quand on va recevoir les livraisons, il faudra bien vérifier, déjà. Pour les mettre en rayons, il faut qu’on trouve un système, peut-être par ordre alphabétique, pour les retrouver plus facilement. Et après, il faudra aussi qu’on explique aux clients. On voit bien déjà, avec les premiers paquets neutres, les gens nous disent : ce n’est pas ce que je prends d’habitude. Regardez les images qu’il y a dessus : on n’est plus dans un bureau de tabac, on est dans une charcuterie ! ».

« On subit un système » regrette pour sa part le président de la chambre syndicale de la Creuse, Samuel Sautivet. « On aurait mieux fait de s’inspirer du paquet européen, assez bien fait. Là, on reprend le modèle australien qui est loin d’avoir fait ses preuves. Pour vendre le bon produit, ça va être difficile. À nous de nous adapter, de former nos salariés et d’estimer ensuite les impacts sur les ventes. S’il y a des pertes sur nos chiffres d’affaires, des points de vente disparaîtront alors que dans les campagnes, le dernier commerce de proximité, ça reste bien souvent le bureau de tabac. Quant à l’effet dissuasif, d’après ce qu’en disent les clients, je ne suis pas sûr ».

•• Dans L’Union (édition du 17 septembre), le patron du « Le Général », à Reims, détaille ce travail supplémentaire : « Quand tous les paquets se ressemblent, c’est beaucoup plus compliqué de les réceptionner, les contrôler, les ranger, et d’en faire l’inventaire ! Je suis sûr que pour l’approvisionnement des rayons et l’inventaire, ça me fait bien trois quarts d’heure à une heure en plus ! ». Certes, la technologie pourrait pallier cette difficulté (comme les douchettes scanneuses) :« mais ce n’est pas gratuit, il faut la louer entre 120 et 150 euros par mois ! », assure le buraliste. Alors, il a trouvé une première parade pour limiter la perte de temps : en étiquetant ses rayonnages avec les noms des marques. Un peu comme un disquaire sait qu’à la lettre C il trouvera du Cabrel.

Autre problème, celui des paquets traditionnels non vendus :« bien sûr qu’on va nous les reprendre, mais on ne sait pas ni quand, ni à quel prix. Alors c’est vrai que ça nous fait des avoirs, mais ça peut poser quand même des problèmes de trésorerie … ».

Sur la perception des clients, voir aussi « Nous sommes 13 millions de fumeurs » (lien).