
« C’est lundi, ça doit être pour ça que c’est fermé », suggère Michèle en ce début de semaine, le 6 juillet 2026. Cette retraitée vit dans le quartier Vauban à Nice. C’est en passant devant le bar-tabac Le Gaulois qu’elle découvre la raison du rideau baissé : ce n’est pas la coupure hebdomadaire (il ouvre sept jours sur sept), mais la conséquence d’une fermeture administrative. Nous reprenons un article d’Axelle Truquet de Nice-Matin.
La mesure a été infligée la veille, à la suite d’une bagarre qui a éclaté devant l’établissement, menant à une inspection diligentée en urgence par la municipalité. Le maire, Éric Ciotti, avait fermement condamné « l’agression odieuse » dont a été victime un agent de la propreté urbaine en milieu de journée. Et, dans le quartier, ça fait parler.
Les avis sont très tranchés. D’un côté, ceux qui voient le commerce comme une locomotive.
De l’autre, ceux qui le trouvent un peu trop « encombrant ». Parmi ces derniers, aucun n’a souhaité divulguer son identité. Un passant juge ainsi que « c’est très bien » et ajoute : « On aura enfin du calme. C’était bruyant, il y avait du chahut… »
Seif juge quant à lui que « s’il y a des travaux ou du nettoyage à faire, alors il n’y a rien à dire sur cette fermeture, même si c’est embêtant pour les clients ».
Un professionnel est plus virulent : « Il y avait des bagarres, ça faisait fuir la clientèle. Et puis, on voit souvent des gens un peu louches traîner autour du bar. Ils vendent des trucs pas tout à fait autorisés, si vous voyez ce que je veux dire… »
Un jeune homme ne partage pas cette opinion : « Ce n’est pas de la faute du Gaulois s’il y a des gens qui refourguent sur le trottoir des clopes achetées en Italie moins cher. Au contraire, ça lui fait du tort et c’est autant de paquets qu’ils ne vendent pas. Ces magouilles, ça doit sacrément le gonfler ! »
Un trentenaire prend son café un peu plus loin, une cigarette au coin des lèvres. « Du coup, ça ne m’arrange pas trop, j’ai dû aller m’en acheter à un autre tabac. Ici, c’est pratique, ça ouvre tôt, ça ferme tard. Il y a des gens qui traversent la moitié de la ville pour acheter des cigarettes juste avant minuit ! »
« Et il y a le PMU aussi », ajoute Ahmed, un vieux monsieur qui vit dans le coin. Il est contrarié : « J’ai mes petites habitudes là-bas, je n’ai pas envie de changer même si c’est que pour quinze jours ou un mois. »
Mohamed travaille dans une épicerie. Lui non plus n’est pas satisfait de voir Le Gaulois fermé : « C’est dommage ! Un tabac, c’est comme un boucher ou un boulanger : ça fait tourner un quartier, ça ramène de la clientèle pour tout le monde. Alors j’espère qu’il va vite rouvrir ! »




