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22 Oct 2025 | Associations
 

Alors que la Commission européenne planche sur une réforme de la fiscalité des produits du tabac (voir le 21 juillet), le Luxembourg exprime de fortes réserves, au grand dam de la Fondation Cancer du Grand-Duché. C’est ainsi que débute un article du site luxembourgeois Virgule du 14 octobre, signé Laura Bannier, que nous reprenons.

Offrir à toute une génération un cadre de vie sans cigarettes, c’est l’objectif de la campagne « Génération sans tabac ». Portée par la Fondation Cancer du Luxembourg, avec de nombreux partenaires, cette ambition est partagée à l’échelle européenne et soutenue par un cadre législatif pour la lutte antitabac.

Dans ce cadre, on retrouve notamment un vaste projet de réforme de la fiscalité des produits contenant de la nicotine, dont l’une des idées évoquées était d’indexer les taxes des produits du tabac au niveau de vie des États membres. « L’objectif de cette révision de la directive européenne sur la taxation du tabac : réduire efficacement la consommation de tabac en relevant les taux minimaux d’imposition. Les barèmes actuellement en vigueur datent de 2010 et sont, selon la Commission, devenus obsolètes et inefficaces », résume la Fondation Cancer dans un communiqué publié ce 14 octobre.

Mais de telles mesures ne sont pas vues d’un bon œil par le gouvernement luxembourgeois. C’est du moins ce que laissent entrevoir les propos de Gilles Roth, ministre des Finances. Lors de la dernière réunion du Conseil des affaires économiques et financières, le ministre a exprimé de « fortes réserves » à l’égard des augmentations envisagées par la législation européenne, qu’il juge « excessives ».

« En défendant les intérêts financiers du Grand-Duché, le ministre agit cependant au détriment de la santé de la population », dénonce de son côté la Fondation Cancer, qui rappelle que le Luxembourg dépend des recettes issues de la vente de tabac. Une situation que le ministre a reconnue en juillet dernier. Des recettes dont il serait difficile de se passer à court terme.

« Mais c’est précisément là que réside le problème : un État qui fonde une part importante de ses revenus sur la vente de produits nocifs pour la santé place les considérations économiques avant le bien-être de ses citoyens – et notamment de sa jeunesse », pointe du doigt la fondation.

Pour rappel, malgré des augmentations pratiquées ces dernières années, les prix des cigarettes au Luxembourg restent inférieurs à ceux pratiqués en France ou en Belgique. « Cet écart de prix alimente la hausse des ventes de tabac au Luxembourg, qui ont encore progressé de 17 % entre 2023 et 2024 », rappelle la Fondation Cancer.

En continuant de pratiquer des tarifs concurrentiels par rapport à ses voisins, le Grand-Duché joue le rôle de « buraliste de l’Europe », selon la Fondation Cancer, qui accuse le pays « d’exporter le cancer » et de « saper les politiques de prévention du tabagisme menées par d’autres États membres de l’Union européenne ».

Ainsi, la fondation appelle les pouvoirs publics à revoir leur position en matière de fiscalité des prix du tabac et à soutenir « sans réserve » les propositions de la Commission européenne. « Si le Luxembourg veut réellement atteindre l’objectif d’une génération sans tabac d’ici 2040, tel qu’il s’y est lui-même engagé, il ne peut plus encourager la consommation par des prix trop bas », estime la Fondation, invitant Gilles Roth à trouver d’autres sources de revenus fiscaux qui ne compromettraient pas la santé de la population.

(Voir aussi les 8 juillet et 21 juin)

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