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17 Août 2026 | Trafic
 

Interdites à la vente depuis février 2025, les puffs restent largement consommées par les jeunes. Entre contournement de la loi, marketing attractif et marché parallèle, ces cigarettes électroniques continuent de circuler malgré les risques liés à la nicotine… C’est ainsi que débute un sujet d’Erwan Dodard sur France Info le 13 août. Dont nous reprenons l’essentiel (extraits).

Les cigarettes électroniques jetables, autrement appelées les puffs, sont interdites à la vente depuis février 2025 (voir le 14 février 2025).
Elles restent toutefois largement consommées par les jeunes. Leur interdiction répond notamment à leur impact écologique, mais pas seulement : celles-ci présentent aussi un risque d’installation durable d’une addiction à la nicotine. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique, alors que la loi adoptée en 2025 reste très peu respectée.

Il n’est pas nécessaire de chercher longtemps pour tomber sur un consommateur de puff.
Sur le parvis des Halles à Paris, un nuage de fumée blanche s’échappe de sous un arbre. Mélina est assise sur un banc, tenant dans la main un tube vert fluo. Pourtant interdite à la vente depuis plus d’un an en France, elle n’a éprouvé aucune difficulté à s’en procurer une : « Sur les réseaux sociaux comme Snapchat, il y a des fournisseurs chez lesquels on s’en procure facilement. On peut les contacter et ils nous les livrent la plupart du temps. Franchement, c’est très facile. Je suis passée plusieurs fois devant les autorités avec, sans qu’ils nous interpellent. »

Quelques mètres plus loin, Angelica, elle, en fume tous les jours. Ce qui lui plaît le plus : la grande variété de goûts proposés. « J’en consomme beaucoup en soirée, principalement », confie-t-elle. Elle explique préférer le vapotage à la cigarette classique, notamment pour « le goût ».
« Il y a certaines personnes qui ne sont pas habituées au goût du tabac et qui préfèrent des goûts un peu plus sucrés. »
Angélica en achète également dans un magasin spécialisé dans les cigarettes électroniques. Sur place, les emballages fluo attirent, par ailleurs, immédiatement le regard. Elles sont, pourtant, vendues au milieu des cigarettes électroniques classiques, pour environ 30 euros.

Si la loi les a interdites parce qu’elles étaient jetables et prêtes à l’emploi, ce n’est pas exactement ce que l’on retrouve aujourd’hui dans les vitrines.
Comme nous l’explique Léo, vendeur dans un vapostore : « L’interdiction était davantage d’ordre écologique pour les puffs jetables. Ils ont donc contourné cette interdiction avec des puffs rechargeables, dans lesquelles on vient directement mettre le liquide à l’intérieur. Le résultat sera le même, car on va jeter l’appareil dès lors que la résistance à l’intérieur sera cramée. »
Après vérification, ces dispositifs jetables sont bien présents dans la plupart des magasins de cigarettes électroniques de la capitale. Vendue dans des boîtes aux couleurs vives, comme l’orange, le rouge ou le vert, le nom des goûts atypiques et tendance est souvent affiché en gros et en lettres dorées (…)

Un autre sujet d’inquiétude pour les tabacologues concerne le marché parallèle qui s’est développé depuis l’interdiction. Il ne s’agit plus ici des puffs vendues dans les magasins légaux, mais de produits commercialisés par des grossistes et des revendeurs clandestins, qui échappent à tout contrôle.
Ces puffs vendues sur le marché parallèle sont moins chères et potentiellement plus dangereuses, insiste Marion Adler, tabacologue à l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, près de Paris. « On ne sait pas quels produits sont mis dedans, quelle dose de nicotine y est intégrée. »
« Ces jeunes ont accès à des puffs dont on a absolument aucune idée de la toxicité éventuelle. »

L’association Demain sera non-fumeur, DNF, milite ainsi pour réguler la vente de ces produits, comme l’explique son président Gérard Audureau : « On en est à une cinquantaine d’actions judiciaires, qu’on a toutes gagnées d’ailleurs, car il y a une loi qui interdit la propagande et la publicité directe ou indirecte en faveur du vapotage. Si on est en droit de passer par la communication pour vendre ses produits, c’est uniquement en disant : je vends tel produit et à quel prix. »

(Voir aussi les 27 juillet 2026 / 8 juillet 2026)