Lors de sa conférence de presse du jeudi 22 mars, l’Alliance Contre le Tabac a lancé un appel à engagement aux 10 candidats à la présidentielle.
Sur la base des recommandations de son livre Blanc, l’association leur propose une charte « de 10 engagements forts » afin de placer dans leur agenda ce thème prioritaire de santé publique.
Yves Martinet, Président de l’Alliance Contre le Tabac, a rappelé que : « Les candidats ne doivent pas oublier que les dépenses publiques sont d’abord des dépenses sociales et que l’avenir de l’économie de notre pays dépend de la santé de ses habitants. Mieux : la lutte contre le tabac est bénéfique pour les finances publiques, eu égard au coût social du tabagisme (de l’ordre de 3 % du PIB) quatre fois supérieur aux recettes fiscales issues de la vente du tabac. »
L’association fixe un nouveau rendez-vous le 11 avril pour la présentation du Livre blanc 2012 sur le contrôle du tabac et le bilan des réponses apportées par les candidats.
Le texte intégral de la Charte
La Charte de l’Alliance contre le tabac
1. Instituer une mission parlementaire permanente de l’application de la CCLAT qui aura pour objet de surveiller sa mise en œuvre, et particulièrement l’exclusion de toute ingérence et influence des fabricants de produits du tabac, et de leurs distributeurs, sur les politiques de santé publique en matière de lutte anti-tabac.
2. Mobiliser efficacement des corps de contrôle afin de faire respecter la législation en vigueur : interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif, interdiction de la publicité et de la propagande en faveur du tabac, notamment au cinéma et sur internet, contrôle de la publicité sur les lieux de vente, interdiction de ventes aux mineurs, respect des règles qui entourent le monopole de distribution du tabac…
3. Utiliser la fiscalité comme outil de santé publique : en procédant à des hausses concertées et efficaces des taxes selon des déterminants de santé publique ; en harmonisant et en augmentant la fiscalité des différents produits du tabac en introduisant des taxes identiques appliquées au gramme de tabac vendu ; en favorisant la mise en place d’un mécanisme européen ambitieux d’harmonisation des taxes ; en attribuant progressivement au contrôle du tabac un pourcentage significatif des droits de consommation.
4. Financer le contrôle du tabac sur les ressources engendrées par l’industrie du tabac ; 5. Etablir un financement pérenne des traitements de la dépendance tabagique par la Sécurité Sociale.
6. Mettre en œuvre des mesures nouvelles très efficaces et peu coûteuses : paquet neutre standardisé avec avertissements sanitaires graphiques et textuels de grande taille (80% de la surface des deux faces du paquet), vente sous le comptoir… ; et mobiliser l’ensemble de la société pour casser l’image encore trop positive du tabagisme.
7. Préparer et lancer des campagnes de prévention ciblées tournées vers les populations vulnérables (jeunes, femmes enceintes, populations précaires).
8. Initier une dynamique de développement des capacités de recherche clinique, économique, et sociale sur le tabagisme avec un financement dédié, à la hauteur des enjeux de santé publique.
9. Renforcer les partenariats au niveau européen et mondial dans le cadre de la lutte contre les maladies non transmissibles (cancers / diabètes / maladies cardio- vasculaires et respiratoires dont le principal facteur de risque est l’usage du tabac) et intensifier la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac.
10. Mettre en place une structure interministérielle exclusivement dédiée au contrôle du tabac, sous l’autorité du Premier Ministre et ayant pour objet la mise en œuvre coordonnée et efficace des dispositions de la CCLAT.




