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12 Mai 2026 | Trafic
 

L’association des « Buralistes en colère » se mobilise contre le trafic de tabac qui représenterait, selon elle, près de 40 % de la consommation en France (voir le 3 mai). Plusieurs professionnels mettent l’État en demeure avant une éventuelle procédure judiciaire. Nous reprenons un sujet de France 3 Auvergne Rhône-Alpes (du 10 mai).

Près de 18,7 milliards de cigarettes illicites seraient consommées en France, soit 38 % de la consommation totale. Face à ce constat, l’association des « Buralistes en colère » a décidé de mettre l’État en demeure, afin de lutter contre ce trafic, « notamment par l’intensification des contrôles et des saisies opérés par les services douaniers ».
« La vente illicite de tabac constitue une atteinte structurelle et systémique au monopole légal confié aux buralistes », poursuit l’association par le biais de son avocat dans la mise en demeure adressée au ministre de l’Économie Roland Lescure, le 27 avril 2026.

« On ne peut pas laisser assassiner la profession en la laissant mourir », lâche Gaëlle Veillet. Cette buraliste, installée en Savoie depuis 2019, est directement touchée, depuis quelques années, par la vente illégale de cigarettes.

En cause : les cigarettes de contrebande, les achats transfrontaliers (vous pouvez rapporter du tabac en France acheté dans un pays de l’Union européenne si vous prouvez que les quantités rapportées sont destinées à votre consommation personnelle) et leur trafic.
« Quand un paquet de cigarettes est à 13 euros 50 chez nous, il est à 6 euros 50 en Italie » et même moins cher dans d’autres pays, explique-t-elle. Des cigarettes qui finissent bien souvent par se vendre « sous le manteau ».
« On comprend ceux qui font ça, comment en vouloir à ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts ? », poursuit-elle, « je comprends les contraintes, mais j’ai un droit de licence pour pouvoir vendre ces cigarettes et, finalement, la planète entière en vend sans se soucier de la santé publique ou encore de la vente aux mineurs ».

Sur un paquet de cigarettes à 13 euros 50, Gaëlle Veillet gagne environ 1 euro. « Nous gagnons notre vie sur le flux, le nombre de clients », affirme celle qui a dû augmenter et réorganiser son offre de souvenirs.

Contacté, le président de la fédération départementale des buralistes de l’Isère (qui ne fait pas partie des « Buralistes en colère », NDLR) affirme que « les cigarettes fumées en France et non vendues dans le réseau légal » représentent une « perte fiscale de 6 milliards d’euros par an pour l’État ».

Si, selon lui, « l’État fait déjà son maximum et que la contrebande reste une priorité pour la Douane », Thierry Meyronin « attend que le prix du tabac arrête d’exploser en France ». « Le trafic engendre de l’insécurité, je me suis fait braquer il y a un mois et demi », confie-t-il, « les cigarettes ont une grosse valeur marchande et on attend que les pays d’Europe soient à peu près au même niveau ».
Être victime d’un braquage est ce qui effraie le plus Gaëlle Veillet. « Et les braqueurs peuvent écouler leur marchandise très vite », précise-t-elle.

Dans sa mise en demeure, l’association des « Buralistes en colère » réclame ainsi « un niveau de protection adapté à l’ampleur du phénomène constaté ». « L’État a 30 jours pour répondre.

Sinon, procédure judiciaire, demande d’indemnisation. Et cette fois, on ira jusqu’au bout », écrit Éric Hermeline, président de l’association, affirmant que les professionnels qu’il représente « ne sont pas le problème. Ils sont les seuls à respecter les règles. Il est temps que ça change ».

L’État devra justifier dans un délai de 30 jours qu’il a mis en place des mesures permettant de lutter contre la vente illicite de tabac. Dans le cas contraire, l’association des « Buralistes en colère » entamera une procédure judiciaire et demandera des compensations financières.

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