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26 Jan 2026 | Profession
 

Affiche sur une porte de buralistes indiquant la fermeture temporaire suite à des agressions

Le tabac se revend facilement et génère de plus en plus de bénéfices rapides du fait de l’augmentation des prix. Mais pour les commerçants victimes de braquage, le choc est rude. Il existe pourtant des solutions pour dissuader.
C’est ainsi que débute un sujet d’Olivier Quintin sur France 3 Pays-de-la-Loire, le 23 janvier, que nous reprenons.

Deux braquages en deux semaines, ce couple de commerçants installé dans l’est de Nantes est sous le choc et la porte du magasin est restée fermée plusieurs jours. Mais que vendent-ils pour susciter autant la convoitise ? Des bijoux ? Non, du tabac.
Par deux fois, ils ont dû, sous la menace d’une arme, laisser les braqueurs remplir leurs sacs de cartouches de cigarettes et du fond de caisse qu’ils possédaient. De quoi, désormais, se méfier à chaque entrée d’un nouveau client.
Quelques jours auparavant, en décembre 2025, c’est un débitant de tabac de Saint-Herblain, dans la banlieue de Nantes, qui a été victime d’une telle attaque en fin de journée.

Pour Quentin Kirion, secrétaire de la fédération départementale des buralistes en Loire-Atlantique, ces situations sont appelées à se multiplier.

« Le prix du tabac ne nous permet plus de travailler sereinement au quotidien, dit-il. C’est quelque chose qui s’écoule plus facilement que les bijoux. On est des proies faciles. »

Face à cette évolution, les débitants de tabac ont obtenu il y a quelques années des subventions* pour se procurer des équipements de sécurité, caméras, alarmes… Les assureurs l’exigent d’ailleurs.
« Le mieux, c’est le générateur de brouillard, explique Quentin Kirion. Lorsque le cambrioleur pénètre dans le commerce, il y a une fumée épaisse qui remplit le magasin. Si c’est un braqueur, il y a le bouton d’alerte. »

Le procédé est souvent le même, semble-t-il. Un ou deux braqueurs avec de grands sacs de sport pour emporter le maximum de cartouches et une préférence pour les marques les plus populaires. Le butin atteint rapidement quelques milliers d’euros, parfois plus.

Pourtant, il existe des solutions pour limiter les risques. Il y a les caméras de surveillance, bien sûr, mais pas seulement.

« Il faut aussi un écran pour que les gens se voient dès qu’ils entrent dans le magasin et constatent qu’il y a une caméra. C’est dissuasif », explique une brigadière-cheffe du commissariat central de Nantes. Elle fait partie d’un service qui met son expertise à disposition du public et des entreprises pour les questions de « sûreté ».

Selon cette policière, il y a des précautions à prendre qui sont importantes,

comme, par exemple, ne pas surcharger les vitrines d’affiches pour pouvoir garder un œil sur ce qui se passe à l’extérieur du commerce et que, depuis l’extérieur, on puisse également voir l’intérieur et donner l’alerte en cas d’agression.

Cette référente sûreté recommande aussi de poser une « barrière » pour rendre plus difficile l’accès à la caisse, un meuble ou une simple chaîne qui aura un effet dissuasif également.

Ne pas mettre cette caisse à proximité de la porte d’entrée du commerce, ne pas mettre toutes les cartouches de cigarettes dans la même pièce, éviter de mettre trop d’argent dans la caisse ou le coffre et faire régulièrement des dépôts en banque, mais pas par la même personne.

« Il faut quand même garder un fond de caisse pour satisfaire la personne (le braqueur) et surtout, dit-elle, ne pas résister et donner ce qu’elle demande. Ne pas jouer les héros. »

Un bouton de fermeture d’urgence de la porte d’entrée peut aussi être utile, ainsi qu’une sonnette sur cette porte d’entrée afin de prévenir le commerçant occupé par ailleurs si quelqu’un entre.