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10 Oct 2026 | Institutions
 

Comme chaque automne, le PLF et le PLFSS donnent le ton de la rentrée parlementaire. Avec cette année des contraintes supplémentaires : dette abyssale, instabilité gouvernementale, élections à venir, contexte international des plus incertains…
Rien que ça ! C’est ainsi que débute un post Linkedin (le 4 octobre) de Gatien Descampeaux, directeur des relations territoriales de la Confédération nationale des buralistes.

Alors que le Gouvernement annonce un effort de redressement des comptes publics de 54 milliards d’euros, il n’aura échappé à personne que l’effort reposera en grande partie sur des recettes fiscales supplémentaires, et non sur une réforme profonde et structurelle de l’État lui-même.

Parmi les 7 000 pages que compte la documentation budgétaire pour 2027, certains choix n’ont pas manqué de faire réagir. L’élargissement de la taxe soda aux glaces, bonbons, gâteaux et autres pâtes à tartiner est à cet égard particulièrement révélateur…

On ne peut s’empêcher de voir, dans ce choix du Gouvernement, une forme de cynisme. En jouant la sacro-sainte carte de la « fiscalité comportementale », on veut faire croire aux Français que l’État se soucie de la santé de ses concitoyens et non de son propre régime (fiscal).

Or, si l’enjeu était véritablement sanitaire, on aurait pu attendre de nos décideurs qu’ils prennent le temps d’étudier avec plus de recul l’impact des taxes votées il y a quelques mois seulement sur les sodas, avant d’envisager une extension de son périmètre.
Il existe d’ailleurs un paradoxe simple : une fiscalité véritablement comportementale devrait, à terme, faire disparaître sa propre assiette. Si les industriels reformulent leurs produits et si les consommateurs changent leurs habitudes, le rendement de la taxe diminuera mécaniquement…

Pourtant, la communication du Gouvernement est en décalage avec ce postulat. Rendement attendu pour les finances publiques ? Entre 200 et 300 millions d’euros. Bénéfices attendus pour la santé des Français ? On verra plus tard…

Dans un pays comptant déjà plus de 400 taxes, impôts, contributions et cotisations en tout genre, où le taux de prélèvements obligatoires frôle les 45 % du PIB et où l’État n’a jamais été aussi omniscient dans notre économie, le ras-le-bol fiscal n’est plus un sentiment. C’est une réalité ressentie par des millions de Français. Encore plus durement vécue quand la taxe prend un ton moralisateur.

Car, qu’on se le dise, ce seront bien les Français – et souvent les plus modestes – qui seront les premiers à supporter ces choix politiques et budgétaires. Non seulement sur un plan financier – car ces orientations fiscales se répercuteront inévitablement sur le prix des produits –, mais aussi et surtout sur le plan des libertés individuelles : jusqu’où l’État doit-il aller pour orienter, par le prix et la fiscalité, nos comportements privés dès lors qu’ils comportent un risque pour notre santé ?

Le débat est sûrement ailleurs… Et si, in fine, la véritable addiction à combattre dans notre pays n’était pas plutôt celle de nos responsables politiques à la taxe ?