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31 Juil 2026 | Profession
 

Marqués par les nombreux dégâts provoqués par les incendies au mois de juillet, les Français se déchaînent contre les pyromanes. Sur les réseaux sociaux, certains se muent en justiciers et affichent les automobilistes surpris en train de jeter leur cigarette sur la route. Et des solutions plus ou moins fantasques sont mises sur la table contre les incivilités. C’est ainsi que débute un article de Mathis Beautrais dans L’Opinion (du 30 juillet) que nous reprenons.

Les pompiers estiment qu’environ 10 à 30 % des départs de feux sont dus à un jet de mégot mal éteint. À la faveur du vent, de la chaleur et du manque d’eau, ceux-ci peuvent embraser rapidement de grandes surfaces de végétation. Précisément ce qui pourrait avoir causé le vaste incendie de 2025 dans l’Aude : deux agents de l’ONF sont mis en examen pour cela.

Beaucoup plébiscitent un renforcement des sanctions. Au moins deux pétitions, dont l’une mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, plaident pour que l’amende pour jet de mégot sur la voie publique passe de 135 à 500 ou 750 euros. L’idée fait écho à la volonté de Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, de « renforcer les peines pour les pyromanes ».

À l’heure actuelle, l’amende de 135 euros ne peut être délivrée que si le fautif est pris en flagrant délit. Si un incendie se déclenche, l’acte est puni d’un à dix ans de prison et de 1 500 à 150 000 euros d’amende selon l’ampleur des dégâts. Reste le délit de mise en danger de la vie d’autrui, passible de 15 000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement.

Ce dernier motif est très utilisé par les forces de l’ordre ces derniers jours, alors que le contexte rend le risque d’incendie encore plus important. Deux individus ont été interpellés et placés en garde à vue cette semaine dans les Landes par la police de l’environnement, qui multiplie les patrouilles en forêt, a annoncé l’Office français de la biodiversité.

Autre demande portée, elle aussi, par une pétition adressée aux députés : l’interdiction de fumer au volant. S’il n’est pas permis de manger ou d’utiliser son téléphone en conduisant, la loi française est floue sur la cigarette et bannit seulement son usage si un enfant est installé dans le véhicule. Une situation contre laquelle beaucoup s’insurgent.

Et pour cause, il n’est pas rare de constater des départs de feu en bordure d’autoroute, l’été. Alcome, l’éco-organisme consacré au sujet des mégots dans l’espace public (voir le 29 juillet 2026), avance que 16 % des départs de feu sont liés à des mégots jetés par des automobilistes et 14 % à ceux jetés par des promeneurs, selon une étude menée dans les Bouches-du-Rhône.

Eux plaident pour un usage plus large des cendriers de poche. Dans la même logique, la fédération des forestiers privés Fransylva défendait en 2024 l’équipement en extincteur de chacun des 37 000 véhicules français. En cas d’incendie, « si chacun s’arrête pour prêter main-forte, on peut éviter des catastrophes », soutient Fransylva.

Certaines communes appliquent déjà ces suggestions et interdisent aux promeneurs de fumer à proximité de forêts ou de zones exposées au risque d’incendie.
Quant aux pétitions, elles rencontrent pour le moment un succès très mesuré. Les deux textes publiés sur le site de l’Assemblée nationale ne dépassent pas les cent signatures.

(Voir aussi le 30 juillet 2026)