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13 Déc 2025 | Profession
 

Plus de 40 000 cafés et bistrots subsistent en France, ces lieux de rencontre incarnent un symbole français unique. Une candidature au patrimoine immatériel de l’UNESCO pourrait bientôt reconnaître leur rôle fédérateur.
C’est ainsi que démarre un sujet du Figaro, sous la plume de Louise Dugast que nous reprenons.

Leur disparition est aussi silencieuse qu’inexorable : de 508 000 bistrots et cafés recensés en France en 1900, il en reste moins de 40 000 aujourd’hui. Face à cette érosion historique, l’Association des Bistrots et Cafés de France et le PMU annoncent un partenariat inédit pour faire inscrire ces lieux de convivialité au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Selon une étude Ipsos citée par les deux organisations, 91 % des Français jugent urgent de recréer du lien social, et 75 % estiment que les cafés et restaurants sont les lieux les plus propices à la convivialité.
« Les bistrots PMU sont bien plus que des lieux de paris. Ils sont des catalyseurs de sociabilité, structurant la vie des campagnes et des quartiers », insiste le PMU dans un communiqué.

Pour Alain Fontaine, président de l’association, l’enjeu est clair : « Nous sommes passés de 508 000 bistrots à moins de 40 000. Et 22 000 communes n’ont aujourd’hui plus aucun commerce. »

« Si on suit la courbe, dans quarante ans, il n’y aura plus de cafés et bistrots en dehors des grandes villes », affirme-t-il au Figaro.
Cette disparition progressive menace un lieu central de sociabilité, où se croisent générations, métiers et milieux sociaux. Le président de l’association rappelle que le café, historiquement, a été un espace intellectuel, culturel, politique fort mais aussi un repère quotidien, « nos plus belles histoires d’amitié et parfois d’amour naissent au comptoir. »

Avec 14 500 points de vente PMU en France, dont près de 10 000 situés dans des bistrots ou cafés, le partenariat s’est imposé comme une évidence. « Les bistrots PMU incarnent un modèle unique de proximité, de solidarité et d’inclusion. Le jeu n’est souvent qu’un prétexte pour se rencontrer », soulève Alain Fontaine. Le programme « RetrouvonsNous » du PMU, déjà engagé dans la revitalisation des lieux de proximité, devrait renforcer la préparation du dossier Unesco, notamment via la production de films, documents ou actions pédagogiques.

Pour prétendre à l’Unesco, les bistrots doivent prouver qu’ils forment un patrimoine vivant, « transmis et encore pratiqué », explique l’Association, qui détaille plusieurs mesures de sauvegarde.

Elle met en avant l’intégration, dès septembre 2026, d’un bloc de compétences « créer, reprendre et gérer un bistrot » dans les formations hôtelières, ainsi que la création d’une journée nationale des bistrots et cafés chaque premier jeudi de juin.
« Reprendre un bistrot, ce n’est pas que de la passion : c’est un métier, un savoir-faire, une gestion », martèle Alain Fontaine, qui déplore le nombre d’échecs dans les reprises non préparées.

La candidature, d’ores et déjà inscrite au patrimoine culturel immatériel national, doit maintenant franchir une étape décisive.
En mars, le ministère de la Culture et le président de la République sélectionneront un unique dossier pour représenter la France auprès de l’Unesco.
L’Association souligne que la France n’a jamais essuyé d’échec en vingt ans de candidatures immatérielles et dit croire à la portée universelle du café à la française, souvent mieux reconnu par les étrangers que par les Français eux-mêmes.