« Les Chinois à Paris » … Non il ne s’agit pas d’un remake de la célèbre comédie de Jean Yanne mais d’un article de VSD, sortie en kiosque ce 30 janvier, consacré aux « Chinois, les nouveaux bougnats ». Que trouve t’-on dans cet article, en substance ?
Depuis une dizaine d’années, des Français originaires d’Asie ont remplacé les Aveyronnais derrière les zincs parisiens. Le phénomène est difficile à préciser, faute de chiffres officiels. Toutefois, ces dernières années, environ 50% des transactions de bar-tabac se feraient au profit des Asiatiques et, dans l’annuaire de la fédération des buralistes d’Ile-de-France, près de la moitié des inscrits semble d’origine asiatique.
« Dans les années 80, la moitié des bars-tabac étaient tenus par des Aveyronnais. Aujourd’hui, ceux -ci ne sont plus que 5 à 10% » confirme Gérard Bohelay, président de la fédération. Des rachats liés au départ à la retraite, la plupart du temps. Et l’évolution aurait commencé en 2004, selon un élu du 11e arrondissement de Paris.
L’article « démystifie » le mode de financement pratiqué. Cyril Geiger, président de la fédération des buralistes Paris-Nord, explique « les Aveyronnais pratiquaient aussi la tontine, des prêts sans intérêt en famille, exactement comme les Chinois ». Quant au paiement en liquide, le vice-président de l’Association des commerçants bellevillois et ex-buraliste affirme qu’en Chine, « c’est une question de culture ».
Pour acquérir un fonds de commerce de bar-tabac, les prêts familiaux iraient de 5 000 à 100 000 euros, en complément d’un emprunt bancaire équivalent à 60% de la somme et de l’apport d’un précédent commerce, croit savoir VSD (qui estime, pour sa part, la fourchette du prix des fonds de commerce entre 250 000 euros et 1 millions d’euros). De quoi se retourner les manches, douze par jour, parfois sept jours sur sept pour gagner un salaire mensuel moyen entre 3 000 à 4 000 euros …
Bien que de nationalité française, les nouveaux venus ont eu du mal à être acceptés dans le milieu, reconnaît Cyril Geiger. Ils attisent aussi la méfiance des clients, avec à la clé, des remarques racistes.
Ces derniers temps, « le phénomène semble se stabiliser, voire légèrement en recul » reprend Gérard Bohelay, « auparavant, ils faisaient augmenter les prix, ce qui n’est plus le cas ». La faute à la crise et aux pressions sur l’activité tabac ? Les Français d’origine chinoise hésiteraient, désormais, à investir une grosse somme d’argent et se replieraient sur des activités « moins fatigantes » comme la restauration et le prêt-à-porter. D’autres s’installeraient de plus en plus en province, et, même, dans des villes moyennes.




