Des buralistes de toute la France se sont rassemblés ce 11 septembre à Vernon pour leur cinquième jour de mobilisation nationale. Ils n’ont pas choisi la ville de l’Eure au hasard puisque le Premier ministre Sébastien Lecornu en est le premier adjoint au maire, François Ouzilleau (voir le 12 septembre). Nous reprenons une info de ICI, signée Laurent Philippot.
Après Muret (Haute-Garonne), Redon (Ille-et-Vilaine), Givors (Rhône), Saverne (Bas-Rhin) et Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), la Confédération des buralistes avait donné rendez-vous ce vendredi matin 11 septembre à ses adhérents place du Général-de-Gaulle à Vernon. 300 d’entre eux, venus de toute la France (Eure, Orne, Calvados, Var, Alpes-Maritimes, Drôme, Ardèche ou Ille-et-Vilaine, entre autres), ont répondu à l’appel pour demander au Gouvernement le gel du prix du tabac et la fin de l’indexation automatique sur l’inflation.
« Ce n’est pas innocent, explique Serdar Kaya, le président de la Confédération nationale des buralistes. C’était d’abord mettre en lumière cette France périphérique et évidemment, Vernon, c’est la ville du Premier ministre.
On voulait qu’il soit sensible à nos messages. Il l’a été.
On va travailler ensemble pour trouver de vraies solutions concrètes. »
Dans la matinée, le président des buralistes de France a en effet reçu un SMS de Sébastien Lecornu et Serdar Kaya dit lui tendre la main mais, « évidemment, si aujourd’hui on n’a pas de résultat sur le prochain budget, si on n’a pas de résultats concrets pour le réseau des buralistes au 1er janvier, on sera déçu. La priorité, c’est quoi ? Pour les buralistes de France, c’est déjà le gel du prix du tabac parce que c’est indispensable. On connaît les conséquences. »
« Si le prix du tabac augmente, le trafic explose et ceci partout en France. Et ensuite mieux vivre de notre travail.
On a des collègues qui me disent : « Serdar, je ne me fais plus de salaire ». Ils travaillent du matin au soir, ils ont des difficultés de trésorerie. On est confronté à une politique fiscale qui nous fait du tort. Les charges qui augmentent sur des produits commissionnés avec une fiscalité à 86 %. On demande à l’État de réagir pour soutenir son réseau qui est présent dans tout le territoire ».
Autre souhait, l’harmonisation des prix et de la fiscalité du tabac en Europe. « Chez moi, le prix du tabac, c’est 70 euros les 100 grammes, ce qui nous mettrait à presque 700 euros le kilo et au Luxembourg, on vend le kilo à 140 euros », s’étrangle Fabrice Lefebvre, buraliste à Val-de-Reuil et président de la fédération des buralistes de l’Eure. Dans son département, 63 bureaux de tabac ont fermé ces vingt dernières années.
Pour clore cette semaine d’action en France, la confédération nationale des buralistes a remis la « Carotte d’Or », un prix pour « distinguer ceux qui ont pu être à la fois notre soutien et notre fossoyeur pour notre réseau », explique Pierre Romero, le secrétaire général de la confédération, qui précise : « Une distinction toute particulière sur le thème du prix de l’espoir politique, un prix qui récompense ceux qui semblent avoir fait de nos 22.500 buralistes une simple variable d’ajustement, oubliant parfois que derrière ces recettes fiscales, il y a des êtres humains, des femmes, des hommes, des commerces de proximité, des emplois, des familles ».
Le prix satirique de la Carotte d’Or de Vernon a été remis au Premier ministre Sébastien Lecornu et au ministre des Comptes publics David Amiel. Les buralistes précisent toutefois que « ce prix porte aussi un message d’espoir, car il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard pour agir », à sept mois de l’élection présidentielle.




