À l’issue d’une semaine de mobilisation partout en France (voir 8, 9, 10 septembre / mobilisation), la profession s’est rassemblée à Vernon (Eure) pour se faire entendre du Gouvernement. Elle proteste contre la hausse du prix des cigarettes et dénonce un ras-le-bol. C’est ainsi que démarre un sujet de France 3 Normandie de ce 11 septembre.
C’est une manifestation symbolique sur les terres du Premier ministre Sébastien Lecornu, également premier adjoint de la commune. Alors que débuteront dans quelques jours les premiers débats sur le prochain budget de l’État et de la Sécurité sociale, c’est à Vernon que les buralistes ont voulu interpeller le gouvernement. « Le temps n’est plus aux paroles mais aux actes », entend-on dans les rangs de la profession réunie.
Ce vendredi 11 septembre, ils étaient donc près de 500 à manifester à Vernon, point d’orgue d’une semaine de mobilisation partout en France. Les représentants des professionnels ont fait le déplacement d’Ardèche, de Bretagne ou encore du Var pour exprimer le même sentiment d’exaspération. « C’est un ras-le-bol fiscal. Le prix du tabac va encore augmenter le 1er janvier en raison de l’indexation sur l’inflation », se désespère Sandy Fortier, la présidente des buralistes de l’Orne.
Au 1er janvier 2027, les buralistes craignent que le paquet de cigarettes premium passe mécaniquement de 13,50 euros à 14,50 euros. Ce serait pour eux un énième coup dur.
Instaurée par le projet de loi de finances de la Sécurité sociale en 2023, cette indexation cristallise la colère des 22 500 buralistes. « Il faut arrêter cette fiscalité punitive qui nous empêche d’avoir de la visibilité dans nos entreprises. Cette mécanique a atteint ses limites », s’insurge Philippe Valentin, professionnel à La Seyne-sur-Mer dans le Var et administrateur de la Confédération.
Et ce n’est pas le seul motif de revendication de la profession. La contrefaçon et la contrebande provoquent depuis plusieurs années déjà la colère des buralistes hexagonaux. « On les voit les paquets de couleurs sur les terrasses », souligne Sandy Fortier.
Selon Frédéric Pailhé, président des buralistes d’Occitanie, cité par l’AFP, le trafic de cigarettes générerait une baisse de fréquentation des bureaux de tabac, une perte de recettes de 30 % pour la profession et 5 milliards d’euros pour l’État.
« Nous sommes même confrontés à de la vente de cigarettes à la sauvette dans nos commerces. Chaque jour, nous sommes contraints de faire la police », déplore Serdar Kaya, le président de la Confédération des buralistes (…).
« On vit dans la peur du lendemain », explique le président de la Confédération, qui avoue avoir perdu en quatre ans 10 000 euros de chiffre d’affaires. Une situation commune à l’ensemble de la profession.
Celle-ci a vu son chiffre d’affaires tabac baisser de 13,5 % en mai 2026 par rapport à mai 2025.




