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25 Mar 2025 | Profession
 

Depuis un an, la facture du prix du grain de café na cessé daugmenter. En cause : les accidents climatiques dans les pays producteurs se sont accumulés et la demande saccroît progressivement. Les patrons d’établissements font face à un dilemme : répercuter les prix ou rogner sur leurs marges. Enquête du Parisien. 

Le prix au kilo du café a battu son record de 1977. L’arabica et le robusta, les deux variétés de café les plus consommées, ont subi une forte augmentation entre janvier et décembre 2024. Si le premier connaît une hausse de 79 %, le second grimpe de 61 %, selon le Syndicat français du Café citant une étude de l’Organisation internationale du Café et la Banque mondiale.

Cette flambée ne passe pas inaperçue dans les cafés. Devanture jaune canari et bleu roi, banquette en moleskine, ce pur bistrot parisien du 13ème arrondissement propose la tasse à 1,30 euro au comptoir. Il y a dix ans de cela, il fallait sortir 1,10 euro de sa poche. Le patron suit scrupuleusement l’augmentation mais ne semble pas étonné pour autant. « Avant le Covid, on était à 15 euros pour 1 kilo darabica, après c’était 17 euros, aujourdhui, on est à 21 euros. »

•• Les explications rapportées par leUpgrade to Premium principal fournisseur du marché, Richard, justifient la hausse de la facture par des intempéries climatiques.

Thierry Pouch, responsable du service études économiques et prospective aux chambres dagriculture de France, poursuit dans ce sens : « Le Brésil a subi dintenses sécheresses alors quil est le premier producteur mondial avec 40 % de la production. » Idem pour le Vietnam, deuxième producteur. Le Pérou et la Colombie n’ont pas pu produire autant que les années précédentes, respectivement à cause des tensions sociales et du phénomène climatique El Niño.

•• En parallèle aux incidents climatiques, la consommation de café bat son plein, notamment dans des pays jusque-là peu consommateurs comme le Brésil, l’Inde et la Chine.

Moins de production et plus de demande font que le marché se tend avec un phénomène de spéculation amplifié par les tradeurs. Enfin, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir avec le relèvement des taxes douanières n’a rien arrangé. « Les acheteurs se sont précipités pour stocker afin danticiper une politique protectionniste », relève Thierry Pouch.

•• Faut-il dès lors répercuter laugmentation sur le prix de la tasse de café ?

Alain Fontaine, restaurateur et président des Bistrots et cafés en France nen est pas sûr. « Ce breuvage est populaire et convivial. Il crée lambiance dun restaurant et est une entité à part entière de lart de vivre à la française », insiste-t-il. Quand certains misent sur la réduction de leurs marges, dautres optent pour la hausse en salle. 

« Pas question daugmenter les prix au comptoir, cest un montant fixe et de référence », affirme le patron d’un PMU situé à deux pas de la place d’Italie. « Vous imaginez si jaugmente de quelques centimes ? Je perdrais une partie de ma clientèle », poursuit le responsable. La solution : gonfler le prix des cafés en salle. « De 2,40 euros, je suis passé à 2,60 euros. »

Cela reste un produit sur lequel les restaurateurs se font le plus de marge, confie-t-il en nettoyant son comptoir en zinc. « Pour un sac de 1 kilos, je sers 127 expressos. La matière première coûte entre 14 et 20 centimes en fonction de la qualité du grain et ce, sans compter la main-d’œuvre, le loyer. Le tout me revient à 50 centimes par tasse. » (Voir aussi 10 juillet 2024)