« Le défi terroriste » figurait parmi les neuf tables-rondes du « Forum citoyen au Gabon », organisé par Libération, les 9 et 10 octobre. Le Gabon n’est pas directement concerné, ses voisins camerounais et tchadiens oui, avec la secte nigériane Boko Haram toujours très opérationnelle.
« À l’origine du terrorisme il n’y a pas que la raison religieuse », a souligné Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE, qui pointe la dégradation des conditions socio-économiques du pays gangrénant la confiance des habitants, les problèmes de gouvernance au sein des Etats, les tentations séparatistes et les conflits tribaux, comme au Mali avec la question touareg.
Ce sont aussi les organisations criminelles qui débarquent, avec la contrebande – et désormais aussi le trafic de migrants – permettant aux terroristes de financer l’achat d’armes. « Les circuits remontent depuis le Togo, le Bénin ou la Guinée pour aller jusqu’en Libye, mais il n’est même plus question d’argent », affirme l’ancien patron du renseignement français, « actuellement on achète des kalachnikov en les payant avec des cartouches de cigarettes ».
C’est surtout le cas de Boko Haram, « organisation low cost qui ne bénéficie pas de soutien extérieur, contrairement aux terroristes somaliens d’Al Shabab, dont les ressources, provenant de pays du Golfe, ne tarissent pas » d’après Marc-Antoine Pérouse de Montclos (spécialiste de Boko Haram à l’Institut français de géopolitique).




