Alors que la Directive Tabac entre en phase d’examen au Parlement européen, la Commission publie un rapport sur l’état des lieux du tabagisme passif en Europe. Un bilan, en quelque sorte, de la recommandation du Conseil de 2009 relative aux « environnements sans tabac » qui demandait aux états-membres de prendre des mesures efficaces avant novembre 2012. Basée sur des « déclarations spontanées » des vingt-sept états membres, on reste sur sa faim à la lecture de données chiffrées succinctes et de conclusions hâtives.
D’après le communiqué accompagnant la publication du rapport, la protection contre la fumée de tabac secondaire se serait considérablement améliorée dans l’Union : en 2012, 28 % des Européens y ont été exposés, notamment dans les débits de boissons, chiffre en forte baisse par rapport aux
46 % de 2009. Ce qui permet au rapport d’avancer, curieusement, que sont dissipées « les craintes de voir l’interdiction de fumer exercer une influence négative sur les recettes des bars et des restaurants et que « les conséquences économiques ont été limitées ou neutres, voire positives, dans la durée ». Sans chiffres, ni études précises sur ce dernier point.
Sur l’application de la recommandation, on apprend que « plus de la moitié des états membres ont, depuis 2009, soit adopté une législation antitabac, soit renforcé la législation existante ». Un bilan insuffisant pour Tonio Borg, commissaire européen à la santé, qui s’aperçoit qu’il n’y a pas eu d’harmonisation européenne sur le sujet et lance un appel : « l’exposition à la fumée de tabac varie toutefois beaucoup d’un pays de l’Union à un autre et un long chemin reste à parcourir pour faire de l’ «Europe sans tabac » une réalité. Je demande instamment à tous les états membres de redoubler d’efforts pour appliquer leur législation ».




