Ce mardi 22 janvier, un car entier de buralistes d’Eure-et- Loir se rendra à Bruxelles pour manifester aux côtés de leurs collègues européens (voir Lemondedutabac des 17 et 16 janvier). Contre le projet de Directive tabac européenne et ses paquets génériques, bien sûr, mais aussi pour protester contre l’impuissance des autorités – nationale et européenne – à enrayer le développement actuel de la contrebande.
Un exemple leur en a été fourni avec leur quotidien local L’Echo Républicain qui est parti en reportage suivre des habitants d’Eure-et-Loir en quête de tabac moins cher … Atterrissage dans le quartier de Barbès à Paris (à une heure du département) où les cigarettes venues de l’étranger se vendent à la sauvette, à 4 euros le paquet.
Extrait de l’enquête parue dans l’édition du samedi 19 janvier.
« Le long du boulevard de la Chapelle, à Paris, c’est un tout autre type de commerce qui s’est installé. Ne cherchez pas de bureaux de tabac, ici le buraliste est ambulant. En bas d’un troquet, ou dans les ruelles adjacentes, quelques dizaines d’hommes gèrent le business des cigarettes étrangères.
« Les transactions s’effectuent très rapidement, comme pour cet homme, visiblement habitué aux us de ce trafic. En dix secondes, tout au plus, l’acheteur tend un billet de 10 € au vendeur, qui sort deux paquets de sa manche de manteau.
« Ici, la discrétion est de mise. Pas de sacs remplis de cartouches. Les paquets sont rangés sous la veste et les vendeurs côtoient la police au quotidien.
« Ils sont sur notre dos en permanence », avoue cet Algérien, débarqué en France il y a trois ans. Lui se targue de vendre de vraies « clopes du pays, pas celles de Chine ». Un de ses collègues est plus direct : « moi, cela vient de tous les pays et je vends à tout le monde. Je sais que ce n’est pas bien, mais je n’ai pas le choix ».




