C’est un Marseillais qui sait de quoi il parle. Dans La Provence de ce mercredi 10 mai, Éric Sensi-Minautier (directeur des Affaires publiques et juridiques au sein de BAT France) livre son témoignage : « Marseille est une plaque tournante pour les cigarettes de contrebande (…) en plein centre-ville (à Noailles), le paquet de Marlboro est vendu 5 euros au lieu de 7 euros chez un buraliste. Mais en Algérie, ce même paquet ne coûte que 1,60 euro. C’est cette différence qui alimente le marché noir ».
•• « C’est que la France, qui est le pays d’Europe où le tabac est le plus cher, est aussi devenue le plus gros marché noir de cette même Europe avec environ 16 milliards de cigarettes qui échappent aux taxes. Nous pensons que la politique de santé doit trouver autre chose que la hausse des taxes. Il faut changer de logique car le nombre de fumeurs ne diminue pas et les buralistes sont au plus mal », poursuit Éric Sensi-Minautier.
•• À l’instar des autres industriels, BAT France tente de sensibiliser les pouvoirs publics à ce phénomène et évoque la traçabilité des paquets de cigarettes pour faciliter les contrôles.
« Pour cela, nous ne partons pas de rien. Cela fait plusieurs années qu’un dispositif d’identification, basé sur l’application d’un code unique doublé d’un pictogramme pour chaque paquet, est testé en France. En 2019, l’ensemble de l’Europe sera concerné. Cela se fait déjà pour les palettes et les cartons qui sortent d’un site de production, ainsi que pour les cartouches. En allant jusqu’au paquet, on affine la démarche, depuis l’usine jusqu’au buraliste. Les informations sont stockées dans une banque de données, il suffit de les agréger pour tout savoir », explique Éric Sensi-Minautier.
La Provence rappelle que ce système, à ses débuts, a rassemblé les quatre leaders du marché français et fut baptisé Codentify ; et qu’il est aujourd’hui la propriété de la société française Impala, via sa filiale Inexto (voir Lmdt des 10 mars 2017 et 26 juin 2016).




