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11 Juin 2016 | Trafic
 

La Rochelle portUn cas caractéristique de contrebande bien organisée. Le 26 novembre 2013, la Douane met un coup d’arrêt à un trafic de cigarettes qui aura inondé La Rochelle et les environs pendant près de cinq ans. 

À l’origine, un couple de Biélorusses ayant trouvé refuge en France en 2003 : Constantin, ancien membre de l’Armée rouge et bénéficiaire du RSA ; Tatiana, ayant travaillé dans les services de renseignements soviétiques et apparemment reconvertie en médiatrice sociale dans un quartier de la Rochelle.

Le couple était approvisionné par des membres de l’équipage de bateaux venant de divers pays de l’Est et mouillant au port de La Pallice, mais les cartouches venaient uniquement de Biélorussie (qui n’a pas d’accès à la mer) : plusieurs milliers de cartouches assurément mais on ne sait pas quantifier exactement un trafic qui, d’après les aveux recueillis, s’était amorcé en 2008.

D’autant que vers la fin, les arrivages par bateau se raréfiant, le couple opérait par Internet avec réception par voie postale. Sans le moindre problème jusqu’à novembre 2013.

C’est un éclusier – employé du port, à deux pas de l’école nationale de la Douane – qui assurait la revente sur La Rochelle. À 39 euros la cartouche. Rien qu’en 2012, il a reconnu en avoir écoulé un millier.

Mais ce revendeur, désormais retraité, n’a pas répondu à la citation à comparaître au tribunal de La Rochelle, ce jeudi 9 juin. Pour raisons médicales. Ses complices biélorusses – désormais divorcés – ont reconnu les faits établis par l’enquête mais sont restés muets sur la destination de l’argent récupéré, leur train de vie modeste n’ayant pas varié pendant la période du trafic. On a quand même trouvé des « économies » de 100 000 euros à leur domicile.

Tout cela était bien rodé et méticuleusement monté.

Verdict qui ne laissera de surprendre : huit mois avec sursis pour Constantin ; six mois avec sursis pour Tatiana et l’ancien employé du port. Et 153 000 euros d’amendes douanières à payer solidairement.

Ce à quoi il faut ajouter 4 000 euros pour préjudices à la chambre syndicale des buralistes de Charente-Maritime dont le président – Jacky Revillé – ne cache pas sa déception : il avait demandé 47 500 euros et la presse régionale a curieusement  passé sous silence sa plainte et son recours, pourtant bien légitimes eu égard au préjudice subi par les buralistes de La Rochelle. Pendant cinq ans.

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