Le président de la fédération Ile-de-France des buralistes, Bernard Gasq, a publié (par le biais d’un publi-communiqué) une lettre ouverte dans Le Parisien de ce matin. Nous la reproduisons intégralement.
« Monsieur le Président, aidez-nous à préservez nos emplois !
État d’urgence oblige, il n’est plus possible de manifester notre mécontentement dans les rues, et nous le comprenons. Pour autant notre colère contre l’entêtement du gouvernement à faire adopter à la hache et à la hâte le paquet neutre de cigarettes, n’est pas retombée, loin s’en faut.
Depuis plusieurs années, les buralistes ont en effet le sentiment de travailler dans un climat de défiance et de suspicion. Leur activité ne cesse de recevoir de mauvais coups.
Dernière illustration, l’adoption en catimini (à 1h du matin le 25 novembre) par l’Assemblée Nationale du paquet neutre dans le cadre du projet de loi santé. Cette disposition, inspirée de la législation australienne, va renforcer le marché parallèle qui représente déjà 26 % de la consommation et va transformer nos commerces en musée des horreurs.
Les 10 millions de clients dont plus de 2 millions de franciliens, qui franchissent la porte de nos établissements chaque jour, n’apprécieraient guère.
Cette disposition a été adoptée à la sauvette en dépit de l’opposition de nombreux parlementaires proches du terrain, de gauche comme de droite. Ces derniers le savent bien, nos commerces, dans de nombreuses communes notamment de petite taille, ne sont pas seulement des établissements où l’on vend uniquement du tabac, mais sont aussi d’irremplaçables lieux de vie et de convivialité (le pain, le gaz, l’alimentation, la téléphonie, les titres de transport ou encore le compte Nickel…).
Cette disposition fragiliserait encore l’activité et l’emploi dans nos établissements. D’ores et déjà plus de 1000 débits de tabac ferment chaque année dont plusieurs dizaines en Ile-de-France.
Si l’adoption du paquet neutre se confirmait au terme du processus parlementaire, plusieurs centaines d’emplois disparaitraient en Ile-de-France, et sans doute 3000 emplois sur l’ensemble du territoire.
3000 emplois c’est plus que le plan social d’AIR France qui suscite légitimement des inquiétudes. Ce n’est pas parce que cette suppression de 3000 emplois (sans parler des emplois supprimés dans la filière) se réaliserait dans une multitude de petits établissements qu’elle doit susciter désinvolture, indifférence et mépris des pouvoirs publics.
Monsieur le Président, aidez-nous à préserver l’emploi dans nos commerces, sauf à devoir enregistrer une nouvelle hausse du chômage.
Monsieur le Président, aidez-nous à défendre les emplois du premier réseau de commerces de proximité, en supprimant purement et simplement le paquet neutre.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération ».




