Ce samedi matin, chez tous les buralistes, les conversations tournent sur le même sujet. Les clients familiers – mais aussi des personnes qui ne se connaissent pas – échangent spontanément devant les titres de la presse ou face aux écrans surplombant le comptoir. Et, du café-tabac de la banlieue Nord de Paris au tabac-presse du midi de la France, les opinions exprimées ne rentrent pas toujours dans le cadre de ce que l’on entend sur les grandes chaînes. Plus incrédules, plus dures, plus fatalistes.
• Hier, le moment était encore plus particulier, avec l’émotion se mêlant à l’effroi puis à un relatif soulagement au fur et à mesure du déroulement des prises d’otage. Une dépêche AFP de la soirée a relaté ainsi l’ambiance dans un bar-tabac de la rue Montmartre, au cœur de la capitale. Lieu propice pour suivre la « consternation des Parisiens ».
• Beaucoup de buralistes, en priorité les diffuseurs de presse, ont mis en place dans leurs établissements l’affichette « Je suis Charlie » (voir Lmdt du 8 janvier). On pense même que cela est à l’origine d’un fait divers qui aurait pu être grave : des coups de feu nocturnes contre un tabac- de Vendôme (voir Lmdt du 9 janvier).
• Le jeudi 8 janvier, la Confédération des buralistes a adressé un e-mailing aux buralistes avec, en pièce jointe, l’avis de recherche des frères Kouachi.
• Enfin, l’UNDP (Union nationale des Diffuseurs de Presse) s’est associée à l’ensemble des partenaires de la filière distribution, pour abandonner toutes les commissions sur les ventes du numéro de Charlie Hebdo de cette semaine (en fait, totalement vendu depuis mercredi après-midi) et de celui, qui sera tiré à un million d’exemplaires, de la semaine prochaine. Charlie Hebdo est chroniquement en graves difficultés financières, à l’instar de toute la presse papier indépendante. Et c’est bien la vente au numéro, en points de presse, qui lui a permis d’exister jusqu’à maintenant. Mais c’était avant la barbarie.




