Avec l’arrivée de la cigarette électronique, on sait que les patchs connaissent commercialement un sale moment. Cela ne s’arrange pas avec cette nouvelle … Les patchs à la nicotine seraient inefficaces pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer, selon une étude française (hôpital Pitié-Salpêtrière/Inserm/APHP, Paris) publiée, ce mardi 10 mars, dans le British Medical Journal (BMJ).
Réalisée entre 2007 et 2012, les travaux ont observé 402 femmes enceintes de plus de 18 ans, fumant au moins cinq cigarettes par jour. Des patchs délivrant de la nicotine pendant 16h ont été utilisés, pour une dose journalière allant jusqu’à 30 mg/jour. « La dose quotidienne la plus élevée et la durée d’exposition la plus longue testées dans une étude chez les femmes enceintes », sous couvert de l’aval de l’Agence française du Médicament (ANSM), précisent les chercheurs.
Le groupe a été réparti en deux : l’un recevant des patchs placebo et l’autre des patchs à la nicotine, avec une durée de traitement de 105 jours. Résultat : l’abstinence complète n’a été obtenue que chez onze femmes (5,5%) du groupe nicotine et dix (5,1%) du groupe placebo. Entre les deux groupes, le délai moyen de reprise de la cigarette (15 jours) est équivalent et le poids moyen à la naissance des nouveau-nés est similaire ; seul celui des bébés des femmes abstinentes étant nettement supérieur. Les chercheurs ont décelé une pression artérielle significativement plus élevée sous substituts nicotiniques.
« Ces résultats sont décevants et devraient encourager les efforts pour évaluer de nouvelles approches » prescrit l’étude qui privilégie le soutien psycho-comportemental et le modèle britannique d’aide à l’arrêt du tabac. En France, la prévalence tabagique chez les femmes enceintes est de 17% au 3ème trimestre de grossesse, soit 137 000 fœtus exposés, rappellent les chercheurs.




