
L’Umih (l’Union des Métiers de l’Hôtellerie-Restauration) dénonce la rediffusion d’une campagne de prévention contre la cocaïne qui choisit une nouvelle fois de mettre en scène un professionnel de la restauration consommant de la drogue pour « tenir » face aux contraintes de son métier.
Nous reprenons le communiqué de l’Umih.
Une caricature d’autant plus incompréhensible que les addictions traversent aujourd’hui l’ensemble de la société. L’Umih, elle, n’a jamais nié le problème : elle a choisi de l’affronter et d’agir, aux côtés de la Mildeca.
Encore un restaurateur. Pour parler de cocaïne au travail, la campagne de prévention remise en circulation par le Gouvernement choisit de nouveau l’image d’un professionnel de la restauration qui consommerait pour faire face à la pression de son métier.
Pourquoi pas un avocat, un trader, un communicant ou un membre d’un cabinet ministériel ? La question n’a rien de polémique.
Elle est devenue particulièrement concrète depuis que le Premier ministre a lui-même demandé, en juin dernier, l’organisation de dépistages inopinés et obligatoires au sein des cabinets ministériels et auprès de certains hauts fonctionnaires.
Les addictions ne sont pas une spécificité de la restauration. Elles traversent les métiers, les catégories sociales et les lieux de travail. La Mildeca le souligne elle-même : la consommation de cocaïne touche désormais toutes les catégories socioprofessionnelles. Et les chiffres disent surtout l’ampleur d’un phénomène qui dépasse très largement un secteur professionnel. Selon l’Office anti-stupéfiants (OFAST), 53 tonnes de cocaïne ont été saisies en France en 2024, puis 84 tonnes en 2025, soit une progression de près de 60 % en un an. En 2023, les saisies s’élevaient à 23 tonnes. En deux ans, elles ont donc été multipliées par plus de trois.
Dès lors, pourquoi continuer à associer publiquement un métier en particulier à la consommation de cocaïne ? L’Umih avait déjà alerté la Mildeca sur ce risque de stigmatisation lors de la première diffusion de ces capsules. Elle le redit aujourd’hui avec force : la prévention est indispensable. La caricature ne l’est pas.
Face à cette nouvelle diffusion, l’Umih a également saisi le Premier ministre et la ministre de la Santé pour exiger le retrait immédiat de cette vidéo qui stigmatise une nouvelle fois les restaurateurs.
(Voir les 6 août et 26 juillet / Umih)




