
Le tribunal judiciaire de Cherbourg a condamné, ce 15 juin, un homme de 31 ans à 10 mois de prison et à plusieurs amendes pour trafic de tabac, en récidive. Le prévenu faisait des allers-retours entre Cherbourg et le Luxembourg avant de revendre la marchandise. Nous reprenons une information de Sarah Saltiel-Ragot sur ICI Cherbourg.
Les tribunaux voient souvent des affaires de trafic de stupéfiants, moins de tabac. Ce lundi 15 juin 2026, un homme de 31 ans a été condamné par le tribunal judiciaire de Cherbourg pour importation, transport et vente illicite de tabac, en récidive. Ce natif de Valognes, père d’un enfant de 3 ans et attendant un deuxième, écope de 10 mois de prison ainsi que de plusieurs amendes.
Lunettes noires aux verres épais, tee-shirt gris sur les épaules, tête baissée, ce père de famille, qui travaille à la centrale nucléaire de Flamanville, exerce son droit au silence sur les faits qui lui sont reprochés. Pour autant, quand son avocat évoque ses trois jours de détention provisoire, il pleure subitement à gros sanglots et lâche avoir « pris conscience » de ce qu’il avait fait avec ce passage en prison.
Une attitude qui ne convainc pas la procureure de la République : « Vous aviez déjà été en garde à vue pour des faits similaires, la justice vous a donné une seconde chance avec un sursis probatoire renforcé et 15 jours après vous recommencez. » L’homme âgé de 31 ans est en effet sous le coup de trois procédures et était donc en sursis lorsqu’il a commis les faits qui lui sont reprochés. Le ministère public requiert donc 14 mois de prison, sans aménagement de peine et avec mandat de dépôt. « Je ne crois pas que monsieur soit buraliste… », lance la procureure de la République.
Une vingtaine de cartons de pots de tabac ont été saisis dans ses deux véhicules.
Si le tabac est une substance légale, la procureure souligne qu’en cas de trafic, la traçabilité des produits n’est pas assurée et qu’ils présentent donc un risque pour la santé publique. Par ailleurs, la magistrate insiste sur la fraude réalisée à travers ce trafic puisqu’il s’agit de produits taxés. Ici, l’État n’a donc pas pu percevoir ce qui lui revient.
Le parquet requiert donc notamment 29 300 euros pour le paiement des sommes fraudées, et 58 000 euros d’amende douanière.
L’avocat de la défense revient sur les faits et insiste justement sur ce point : le tabac est un produit licite, il n’est donc pas assimilable à un trafic de drogue, il s’agit ici uniquement d’infractions financières. Quant aux risques liés à la provenance de ce tabac, « on sait d’où il venait, du Luxembourg », répond l’avocat, qui dénonce les réquisitions du parquet qui ne présentent selon lui « aucune mesure de réinsertion » et des peines financières que son client n’est pas en mesure de payer. Lui plaide pour une peine aménageable sous bracelet électronique afin qu’il puisse être auprès de sa compagne, enceinte.
Le tribunal condamne donc le trentenaire à 10 mois de prison et laisse au juge de l’application des peines le soin d’apprécier si la peine est aménagée sous bracelet électronique. Le prévenu devra aussi payer de lourdes amendes. Quelle que soit la décision du juge, il devra en revanche trouver un autre emploi : impossible de travailler en zone sécurisée à la centrale de Flamanville sous bracelet électronique.
(Voir aussi 6 décembre 2025 et 30 avril 2026.)




