
Après avoir failli disparaître, la production de tabac rebondit dans le Puy-de-Dôme. Depuis plusieurs années, la filière connaît un regain d’intérêt, porté par une hausse de la demande. Une dynamique qui profite à des producteurs de plus en plus nombreux à se lancer dans cette culture.
C’est ainsi que débute un reportage de France 3 Auvergne (Manale Makhchoun, Jean-Yves Blanc, le 18 avril).
D’un œil avisé, Luc vérifie l’état de sa production de tabac.
La coopérative située à Saint-Clément-de-Régnat (35 kilomètres de Clermond-Ferrand), avec laquelle il travaille, a semé des graines sur des plaques de polyester. Depuis, elles flottent sur l’eau, permettant aux racines d’être alimentées en oligo-éléments. Plus de 70 000 semis trempent ainsi dans ces bassins : un véritable laboratoire. « Il y a six variétés, précise l’agriculteur. Nous avons planté aux alentours du 15 mai. Nos chercheurs essaient d’améliorer la qualité des futures feuilles, leur poids, tout en réduisant la teneur en nicotine ».
Ici, trois types de tabac sont produits :
la Virginie, le Burley et le tabac brun. Pour faciliter cette production, les agriculteurs mutualisent leurs outils et se regroupent au sein d’une coopérative agricole. Christophe Fournier, président de la CUMA tabacole de Thuret, explique : « Notre principal atout, c’est de disposer de tout le matériel, du semis à la récolte. Le producteur n’a pas à avancer d’argent : c’est la CUMA qui prend en charge les équipements et les loue ensuite ».
Un savoir-faire auvergnat.
En 2019, la fermeture de l’usine Périgord Tabac, à Sarlat (voir 28 août 2019) oblige les 28 producteurs auvergnats à se remettre en question. Ils développent alors des marchés de niche : production de cigarillos, nicotine liquide ou encore tabac à rouler 100 % français. « En Auvergne, on a le savoir-faire, on sait cultiver le tabac, souligne Stéphanie Seguin, technicienne tabacole à la coopérative Garonne Adour. Aujourd’hui, ces productions de niche offrent une véritable rémunération. C’est une opportunité qui attire même des jeunes dont les parents ou grands-parents étaient déjà producteurs et qui se relancent dans la filière ».
L’an dernier, 90 tonnes de tabac ont été produites dans le Puy-de-Dôme, soit 3 % de la production nationale.
(voir aussi le 18 décembre 2019)




