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23 Déc 2018 | Pression normative
 

La période ne se prête guère au traitement de ce genre de sujet ardu. Mais l’actualité de la semaine dernière commande.

Un certain nombre de produits en plastique unique devraient être interdits – ou soumis à des critères draconiens pour leur récupération et leur recyclage (ce qui concerne plus précisément les filtres de cigarettes, considérés comme plastiques) – dans l’ensemble de l’Union européenne, « vraisemblablement dès 2021 », à en croire un projet de Directive européenne qui progresse à marche forcée. En particulier en cette fin d’année (voir Lmdt des 15 et 25 octobre).

•• En fait, un accord a été trouvé à Bruxelles – ce 19 décembre au matin, après une nuit de discussions – entre négociateurs du Parlement européen et du Conseil des États-membres, en vue d’un texte de Directive qui doit être adopté formellement début 2019.

L’Union européenne tablant sur une entrée en vigueur, deux ans plus tard.

•• Schématiquement, ce texte prévoit que :

certains produits en plastique à usage unique seront strictement interdits, s’il existe des alternatives : les cotons tiges, les couverts, les pailles à boissons, etc.

d’autres produits sont appelés à voir leur usage réduit drastiquement et leurs fabricants mis à contribution dans le cadre du principe pollueur-payeur.

À ce propos, selon l’AFP, « l’industrie du tabac est particulièrement pointée du doigt pour couvrir les coûts de collecte et de recyclage des filtres à cigarettes : c’est le deuxième produit plastique à usage unique le plus jeté dans l’Union européenne. »

 précisons que les filtres à cigarettes sont, en effet, considérés comme « plastiques » car essentiellement fabriqués en acétate de cellulose. De ce fait, ils entrent dans la définition du « plastique » selon le texte de la Directive.

 donc, selon la Directive, la réduction de consommation pour les filtres de cigarettes serait de -50 % d’ici 2025 et de -80 % d’ici 2030.

•• Le principe « pollueur – payeur », appliqué aux fabricants de tabac, entre ainsi en résonance avec la démarche déjà lancée en France par Brune Poirson, la secrétaire d’État à la Transition écologique concernant les mégots (voir Lmdt des 6 et 29 octobre).

Mais la réduction drastique de consommation en pose un autre : il ne serait plus possible de commercialiser légalement des cigarettes avec filtres (en acétate de cellulose), une fois le quota atteint.

À suivre.