
Si la pratique n’est pas conseillée, le fait de fumer au volant n’est pas expressément interdit par le droit français. Un état de fait auquel veut remédier la députée Josiane Corneloup, qui siège avec la Droite républicaine et qui défend un texte en ce sens. Nous reprenons le sujet de Quitterie Desjobert sur CNEWS le 3 octobre.
Une interdiction à triple enjeu. La députée de la Droite républicaine, Josiane Corneloup, défend une proposition de loi visant à interdire aux conducteurs de fumer au volant.
L’élue de Saône-et-Loire s’est confiée sur les raisons de ce texte.
« Nous avons une législation qui n’est pas très efficace puisqu’il est seulement interdit de fumer en voiture lorsqu’un mineur est présent dans l’habitacle », a rappelé Josiane Corneloup, ajoutant dans l’exposé des motifs de son texte que la loi prévoit aussi une amende lorsque la cigarette empêche le conducteur « d’exécuter commodément et sans délai les manœuvres ».
Toutefois, la reconnaissance de l’infraction se fait à l’appréciation de l’agent des forces de l’ordre qui l’établit. Et dans les faits, « on voit bien que les poursuites sont souvent classées sans suite », a regretté l’élue.
L’élément déclencheur
Pour Josiane Corneloup, sa proposition d’interdire de fumer au volant « a l’avantage de satisfaire les problématiques de sécurité routière, de prévention des incendies et de santé publique ».
C’est justement le volet de la prévention incendiaire qui a poussé la députée de Saône-et-Loire à porter cette proposition de loi. « Cet été, dans ma circonscription, nous avons eu un violent incendie qui a ravagé 70 hectares de forêt et qui a malheureusement détruit la maison d’un couple », a-t-elle relaté.
L’incendie a pu être maîtrisé malgré des conditions météorologiques défavorables grâce à « une solidarité extrêmement importante des habitants de la commune, des agriculteurs et des pompiers ».
« Il a été révélé que l’incendie avait été provoqué par un mégot qui avait été jeté d’une voiture », a précisé Josiane Corneloup, ajoutant : « Ça a vraiment été l’élément déclencheur de cette proposition de loi ».
La liberté de choix laissée au passager
« On essaie de faire passer des messages de prévention, d’en appeler à la responsabilité de chacun et ça n’est pas toujours suffisant. Donc si on n’allume plus de cigarettes, il n’y aura plus de mégot à jeter », a estimé Josiane Corneloup.
Au-delà de ce risque accru d’incendie lié aux jets de mégots depuis un habitacle, fumer au volant entraîne une déconcentration du conducteur. « Fumer est un geste étranger à la conduite. Chercher son paquet, l’ouvrir, allumer une cigarette, faire tomber la cendre, éteindre le mégot : chacune de ces actions détourne le regard de la route et prive le conducteur de l’usage d’une main », a rappelé la députée dans les motifs de son texte.
Pourtant, la proposition de loi de Josiane Corneloup n’entend pas interdire de façon généralisée le fait de fumer en voiture : « On a tenu à garder une liberté de choix, une liberté de fumer pour la personne passagère ».
Un choix qui peut étonner mais que la députée a défendu : « On part du principe que c’est moins dangereux pour la route, puisque la personne est concentrée sur la cigarette. Quand vous conduisez, vous êtes plus distrait, c’est plus difficile d’éteindre son mégot tandis que le faire passer par la fenêtre est presque un réflexe.
On considère que lorsque vous êtes passager, c’est moins dangereux que lorsque vous êtes conducteur. Le fait de ne pas avoir à faire attention à la route laisse plus de temps à consacrer pour se séparer du mégot », a-t-elle précisé.
Pour le moment, la proposition de loi de Josiane Corneloup n’est pas inscrite à l’ordre du jour mais la députée espère qu’elle sera étudiée lors de la niche parlementaire de la Droite républicaine le 26 novembre prochain.
« Je pense que cette mesure devrait réunir, elle est consensuelle et elle permettrait aussi d’agir un peu plus dans la lutte contre le tabagisme qui est une grande problématique de santé publique », a-t-elle conclu.




