
Un geste banal, mais aux conséquences potentiellement dramatiques. À Gardanne, près de Marseille, un exercice de prévention a été organisé ce 17 juin pour rappeler les dangers des mégots de cigarette jetés dans la nature, alors que les températures repartent à la hausse dans la région (voir le 18 juin).
C’est ainsi que démarre un sujet d’ici.fr (de Nelly Assénat et Mathilde Vinceneux) que nous reprenons.
Organisée par le Centre de formation et de recherche dédié à la prévention des risques naturels (Valabre), la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, la Confédération des buralistes et Alcome (l’éco-organisme en charge de la réduction des mégots abandonnés dans l’espace public), la démonstration est sans appel. Un mégot encore incandescent est lancé sur un tas d’herbe sèche, semblable à ceux que l’on trouve en bord de route l’été. Quelques instants plus tard, les flammes apparaissent. Le feu gagne rapidement la végétation voisine.
« Les fumeurs de mauvaise foi vont continuer à dire que ce n’est pas vrai, que les mégots ne mettent pas le feu à la forêt », regrette Luc Longeron, directeur du département prévention à l’Entente Valabre, établissement public spécialisé dans la gestion des risques naturels. « Ce que l’on veut démontrer avec ce test, c’est qu’avec l’air sec de l’été, on peut démarrer un scénario catastrophe en moins d’une minute. »
Sur les bords des routes, tous les ingrédients sont réunis : une végétation desséchée, des températures qui dépassent régulièrement les 40 degrés et le vent. Même le passage des véhicules peut favoriser l’embrasement.
« À partir de 5 km/heure, le vent permet de faire rouler les mégots. C’est typiquement ce que produit le passage d’une voiture », explique Théo Soliman, ingénieur au centre de recherches et d’essais de l’Entente Valabre. « Cela crée aussi un appel d’air continu qui attise ce bout incandescent et peut alimenter un départ de feu. »
La braise d’un mégot peut atteindre jusqu’à 400 degrés. Une température largement suffisante pour enflammer une végétation particulièrement sèche en cette période de l’année.
Pour Luc Longeron, le problème reste massif. Une opération de ramassage menée récemment sur une route départementale voisine en apporte la preuve. « Sur 100 mètres, nous avons trouvé 2 541 mégots. Si on s’amuse à faire le calcul à l’échelle de la France, cela représente la pelouse du Stade de France recouverte d’une couche de mégots de quatre mètres de haut », souligne-t-il. « Les Français jettent encore trop leurs mégots. »
Selon les pompiers, les mégots sont à l’origine de 10 à 30 % des départs de feux chaque année.
Pour tenter de faire évoluer les comportements, un partenariat a été mis en place avec les buralistes afin de distribuer gratuitement des cendriers de poche aux fumeurs.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers appelle également les constructeurs automobiles à rééquiper les véhicules de cendriers intégrés. « Remettez des cendriers à l’intérieur des véhicules », plaide son porte-parole Éric Brocard. « Il y a aujourd’hui une nécessité absolue de retrouver les bons réflexes et d’éviter de jeter ses déchets par la fenêtre. »
À l’approche de l’été, le message est clair : un simple mégot jeté sur le bord d’une route peut suffire à déclencher un incendie de grande ampleur.




