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24 Juin 2026 | Profession
 

Trois prévenus devaient comparaître ce 15 juin devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence. Ils étaient accusés d’avoir organisé un important trafic de cigarettes de contrefaçon dans les Bouches-du-Rhône et le Var entre 2021 et 2025.
L’affaire a été renvoyée (voir 16 juin).
Mais nous revenons sur le sujet complet qu’y a consacré France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ce procès était prévu ce 15 juin au tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence pour juger trois prévenus accusés d’avoir orchestré un trafic de cigarettes de contrefaçon dans les Bouches-du-Rhône et le Var. C’est à la suite d’une première affaire de contrefaçon de tickets-restaurant que les services de police ont enquêté et découvert que certains des protagonistes étaient également impliqués dans ce trafic illégal.

Au total, 1 200 cartouches contrefaites avaient été retrouvées dans un box à Gardanne lors des perquisitions, ainsi que près de 85 000 euros en numéraire et sur des comptes bancaires. Les faits se sont déroulés entre 2021 et 2025.

Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite chez Philip Morris France, représente l’entreprise qui s’est constituée partie civile dans ce procès.

Le fléau représente un manque à gagner de plus en plus important pour les acteurs de ce marché, des grandes compagnies jusqu’aux buralistes. « Ces produits sont vendus peu chers, entre 30 et 40 euros la cartouche, loin des 135-140 euros que l’on peut retrouver dans les commerces officiels », illustre Daniel Bruquel.

Dans l’affaire qui devait passer en jugement, l’homme qui possédait le box dans lequel plus d’un millier de cartouches ont été retrouvées à Gardanne est aussi accusé d’avoir écoulé ses fausses marchandises dans la région, en utilisant les réseaux sociaux. « Malheureusement, c’est un dossier que l’on a l’habitude de voir. C’est le même mode opératoire que le trafic de stupéfiants, avec des lignes de production dans des pays frontaliers (Belgique, Italie, Espagne), plus rarement en France, et une chaîne de distribution importante, avec des moyens conséquents », observe Daniel Bruquel.

Ces trafics de cigarettes contrefaites ont augmenté de façon importante depuis la crise sanitaire du Covid-19. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée.
56 % des cigarettes vendues dans la région n’ont pas été achetées chez les buralistes, dont 19,1 % sont de la contrefaçon, selon une étude menée par le cabinet WSPM. Une évolution de +33,1 points depuis 2019 pour l’ensemble des achats ne provenant pas des buralistes français et de +18 points pour la contrefaçon.

À Aix-en-Provence, ce chiffre s’élève à 57,3 % pour 17,3 % de contrefaçon en 2025 (contre 17,3 %, dont 0,8 % de contrefaçon en 2019), d’après les chiffres d’un rapport du cabinet d’audit KPMG, commandé par Philip Morris (voir 3 juin 2026).
À Marseille, le chiffre a également augmenté de 20 points depuis 2019 selon le même rapport. « On veut alerter sur ce type de trafic et le risque que cela engendre pour les consommateurs concernés », explique Daniel Bruquel.