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30 Oct 2021 | Profession
 

Dans Ouest France, Philippe Augier qui a pris l’intérim de la direction du PMU  avec le départ de Cyril Linette (voir 27 octobre), livre sa version des faits (voir 28 octobre) et les perspectives du groupe après cette tempête. Nous reproduisons l’entretien dans son intégralité.

•• Pouvez-vous revenir sur la révocation du directeur général du PMU ?

• Philippe Augier : Le conseil d’administration a convoqué Cyril Linette pour le révoquer pour faute grave. Dans la foulée, un conseil d’administration s’est réuni pour établir une nouvelle gouvernance. Les statuts prévoient que la fonction de directeur général doit être assumée par le président du PMU. Dans l’organisation de la gouvernance, j’ai choisi d’y associer Emmanuelle Malecaze-Doublet. Elle va diriger l’équipe au quotidien, sur le terrain. Car je n’avais pas la possibilité de l’être. Un recrutement interne et externe est prévu dans les six mois. 

•• La directrice générale ajointe peut-elle rester à ce poste de façon pérenne ?

• Ph. A. : Si Emmanuelle manifeste l’envie de poursuivre à ce poste, sa candidature sera bien entendu étudiée.

•• Vous sembliez satisfait du travail de Cyril Linette. Comment expliquez-vous cette révocation soudaine ?

• Ph. A. : C’est parti d’un revirement. Il a pris des positions contraires à celui des membres du conseil d’administration du PMU.

•• Mais un point de divergence justifiait-il un divorce si fracassant ? Le débat ne fait-il pas partie de la vie d’une entreprise ?

• Ph. A. : Si, mais il en a fait un point dur d’affrontement. La prise de position a eu lieu en réunion intersyndicale.

•• Où en est le projet de déménagement du PMU dans l’immeuble Thémis, avec le Trot et France Galop ?

• Ph. A. : Le conseil d’administration a demandé à l’État de nommer un expert indépendant. On attend son rapport pour la fin de semaine ou la semaine prochaine. Il restait un point à régler pour avoir un bail définitif. Le bail est en cours de négociation. 

•• Rassembler sous le même toit les sociétés mères et l’opérateur, le PMU, ne risque-t-il pas de générer des situations de conflits d’intérêt ?

• Ph. A. : Pas du tout. Cela fait partie des mauvais termes employés par Cyril Linette. Le PMU est tenu de déménager car il arrive en fin de bail. Ce déménagement répond aussi à la modernisation de la filière.

•• Ce déménagement va-t-il avoir lieu malgré les tensions ?

• Ph. A. : Oui en 2023, je pense. Parmi les points qui ne correspondaient pas aux attentes, l’un concernait les parkings pour les salariés. Nous avons trouvé une solution à proximité. Côté avantages en revanche, cela va permettre au PMU de diviser le coût de son loyer par deux et se rapprocher des services techniques de France Galop et Le Trot.

•• En 2020 vous déclariez à Ouest-France « mon ambition est d’arriver à réunir tout le monde autour de la table pour penser l’évolution des choses ». Où en êtes-vous ?

Ph A : On a un immeuble commun, c’est déjà pas mal. C’est un travail en permanence sur la transformation du PMU commencé avec Cyril Linette. Pour ce faire, cela ne peut être qu’avec tout le monde autour de la table. Le PMU vient de très loin avec une culture forte, ancienne. On sait que ces entreprises sont les plus difficiles à faire évoluer.

•• Quels sont les objectifs du PMU en 2022 ?

• Ph. A. : Retrouver des circonstances de travail « normales ». On va présenter un budget d’année normale avec les transformations du marketing. Notre ambition est de renforcer les points de vente et les jeux en ligne.

•• Quelle est la situation économique du PMU ?

• Ph. A. : Les courbes remontent après cette période compliquée. Les chiffres restent malheureusement trop bas pour la filière à cause des circonstances liées au Covid-19. 25 % de nos points de vente ont été fermés alors qu’ils représentaient 40 % de notre chiffre d’affaires. Nous devions distribuer 760 millions d’euros à la filière, 650 millions d’euros l’ont été.

Pour 2021, sur le modèle d’une année normale, nous avions prévu un budget de 805 millions d’euros. Mais à cause du pass sanitaire, nous avons revu notre copie en juillet et affiché l’ambition de redistribuer 740 millions d’euros. Nous allons tenter d’y arriver.