
Revenons sur l’importante communication publiée par la Cour des comptes européenne, récemment (voir le 10 septembre), alertant très officiellement sur les graves déficiences de la lutte contre le commerce illégal du tabac.
Son leitmotiv est sans appel : « l’Europe n’est pas à la hauteur ».
C’est la première fois qu’une telle alerte est lancée officiellement de la part d’une institution européenne.
Et cette communication officielle prend une valeur particulière au moment où l’on apprend la fermeture de la 12e usine de fabrication clandestine de cigarettes de contrefaçon en Belgique.
Le rapport arrive à une conclusion claire : la riposte aux trafics de tabac est gravement fragmentée. Il y a trop de dysfonctionnements entre les États membres sur le sujet.
Il avance aussi une estimation qui prend un caractère officiel de la part d’une institution européenne : le marché parallèle du tabac coûterait 13 milliards d’euros de pertes annuelles pour les budgets européens.
Il lance un avertissement : le trafic de tabac est devenu une source significative de revenus pour ces réseaux mafieux transnationaux qui sévissent sur tout le continent européen. Et représentent une menace pour les États de droit.
Devant cette dégradation du marché officiel des produits du tabac en Europe, la Cour des comptes européenne demande donc une prise de conscience et la fixation de priorités réalistes en termes de coopération entre pays-membres.
Tout cela est à analyser aussi dans le contexte d’une Directive Fiscalité du Tabac (TPD / Tobacco Taxation Directive) en cours de révision (voir 15 septembre 2026).
Et l’on n’insistera pas sur le fait que le pays européen le plus touché, en la matière, est bien la France.




