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23 Mar 2014 | Observatoire
 

Chicha FootDes footballeurs – et pas des moindres – qui s’enfument avec la chicha. Le mensuel So Foot consacre un long article à ce qu’il désigne comme « un véritable phénomène ».

Le sujet démarre dans une boîte de nuit parisienne où une bonne partie de l’équipe de Manchester City est venue fêter un anniversaire. Avec la chicha. « Nasri recrache sa fumée au visage d’une  jeune fille ; Lavezzi, qui s’est incrusté avec les Mancuniens, se contente de souffler sur les charbons (…). Zabaleta alterne chicha, cigarette électronique et Marlboro. Le carré VIP aurait dû être rebaptisé carré chicha ». Autre scène, à Marseille cette fois « où le Soleil du Nil voit défiler la crème des crampons depuis quatre ans ».

Témoignage de l’agent d’un international français : « Ça a complètement remplacé la Playstation. Quand ils partent en déplacement, leur sac fait un bruit d’enfer : ils trimballent tous leur narguilé, c’est n’importe quoi ». Même si peu de joueurs avouent ouvertement fumer la chicha.

Après avoir surfé sur les explications, entre phénomène de mode et affirmation d’une identité communautaire, le journaliste donne la parole à Hussein Yatabaré, gérant d’un « salon de thé » à Beauvais, joueur de CFA et dont les frères, Sambou et Mustapha, évoluent en Ligue 1. Depuis l’ouverture de sa chicha, le jeune homme n’a pas subi de remontrances de la part de son coach ni de ses coéquipiers qui sont d’ailleurs des clients.

Son explication : « la chicha, ça ne se fume pas, ça se crapote! Moi, mon endurance n’a pas baissé. Après, évidemment, c’est une question d’équilibre, si tu en fumes cinq ou six par jour … ».

Cet article, très révélateur de l’évolution de l’acte de fumer dans certains milieux, ne pouvait se conclure sans l’avis autorisé de Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de Prévention du Tabagisme : « du point de vue de la dépendance, la chicha est moins problématique que la cigarette ( …). En revanche, les quantités de monoxyde de carbone ingurgitées sont encore plus inquiétantes ».

Le débat reste ouvert. Tandis que les pratiques évoluent. Sans attendre.