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2 Nov 2026 | Trafic
 

La Belgique fait face à une progression préoccupante du marché illégal des produits contenant de la nicotine. Cigarettes contrefaites, cigarettes de contrebande, cigarettes électroniques jetables et sachets de nicotine figurent parmi les produits concernés par les préoccupations des autorités et des professionnels du secteur. Au-delà des pertes économiques pour les acteurs légaux, ces circuits parallèles soulèvent des questions relatives à la traçabilité, à la composition des produits et à la protection des consommateurs. Face à cette évolution, les services de police et les organisations spécialisées renforcent leurs actions pour identifier les réseaux clandestins, démanteler les installations illégales et sensibiliser le public aux risques liés à ces produits.

C’est ainsi que débute une communication de Nicotine World (voir les 31 octobre et 6 août 2026, que nous reprenons).

Des contrefaçons inondent le marché des produits du tabac

Les produits du tabac et de la nicotine sont eux aussi concernés par le phénomène des contrefaçons. La fabrication clandestine de cigarettes, l’importation de produits de contrebande et la commercialisation de produits nicotiniques en dehors des circuits autorisés constituent plusieurs facettes d’un marché illégal aux formes diverses.

Les cigarettes contrefaites peuvent notamment être fabriquées dans des installations clandestines, sans respecter nécessairement les exigences applicables à la production légale. Les produits peuvent ensuite être distribués par l’intermédiaire de réseaux qui cherchent à échapper aux contrôles douaniers, fiscaux et sanitaires.

Sachets de nicotine et vapoteuses également concernés

Les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine sont également concernés par les préoccupations relatives à la provenance et à l’authenticité des produits commercialisés. Il convient toutefois de distinguer les différentes situations : un produit contrefait reproduit ou imite illégalement un produit existant, tandis qu’un produit de contrebande est introduit ou commercialisé en dehors des circuits légaux. Un produit non conforme peut, quant à lui, ne pas respecter certaines exigences réglementaires sans être nécessairement une contrefaçon.

Ces distinctions sont importantes pour comprendre le fonctionnement du marché noir et les réponses que les autorités peuvent lui apporter.

Un nouvel atelier clandestin découvert à Bruxelles

Le phénomène a récemment été illustré par une opération menée en Belgique. Le mercredi 21 octobre 2026, la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles a annoncé avoir découvert un nouvel atelier destiné à la fabrication de cigarettes contrefaites (voir le 26 octobre 2026).

Cette découverte (voir photo) témoigne de l’existence d’activités de production clandestine sur le territoire belge. Contrairement à certains produits illégaux qui sont uniquement importés depuis l’étranger, les cigarettes contrefaites peuvent être fabriquées directement dans des installations dissimulées, avant d’être acheminées vers les circuits de distribution.

Le démantèlement de ce type de structure représente un enjeu important pour les autorités. Il ne s’agit pas seulement de saisir les produits fabriqués, mais aussi de recueillir des éléments permettant d’identifier les personnes impliquées, de comprendre les circuits d’approvisionnement et de remonter les réseaux de commercialisation.

Les installations clandestines peuvent fonctionner à l’abri des regards, dans des locaux dont l’activité réelle n’est pas immédiatement identifiable. Leur découverte repose donc notamment sur le travail d’enquête des services de police et sur la coopération entre les différentes autorités compétentes.

La présence de ces ateliers rappelle également que le marché illégal ne se limite pas à la vente occasionnelle de produits importés. Il peut s’appuyer sur une organisation structurée, avec des moyens de production, des lieux de stockage et des réseaux de distribution.

Pour autant, la découverte d’une installation ne permet pas, à elle seule, de mesurer précisément l’ampleur totale du phénomène. Elle constitue néanmoins un indicateur concret de l’existence de circuits de fabrication échappant aux contrôles habituels.

Les professionnels se mobilisent contre les produits contrefaits

Face à cette problématique, plusieurs acteurs spécialisés participent aux actions de prévention et de lutte contre la contrefaçon. Une société belge spécialisée dans ce domaine a organisé un atelier de sensibilisation destiné aux professionnels susceptibles d’être confrontés à la commercialisation de produits contrefaits.

L’objectif de cette initiative était de mieux faire connaître les méthodes utilisées par les réseaux illégaux, les difficultés rencontrées sur le terrain et les moyens de contribuer à l’identification des activités suspectes.

Les experts de l’entreprise réalisent des achats tests afin d’observer les pratiques commerciales et de recueillir des informations utiles. Ils assurent ensuite le suivi des dossiers avec les autorités compétentes, dans le but de contribuer au démantèlement des installations illégales et d’informer les consommateurs.

Cette démarche repose sur plusieurs étapes complémentaires. Les achats tests peuvent notamment permettre d’examiner les conditions de vente, de repérer des produits suspects et de recueillir des éléments susceptibles d’être transmis aux autorités. Le suivi des dossiers contribue ensuite à faciliter les investigations et à établir des liens entre différents points de vente ou activités suspectes.

La sensibilisation des professionnels constitue un autre volet de ce travail. Les personnes qui interviennent dans la distribution, la commercialisation ou le contrôle des produits peuvent être confrontées à des situations difficiles à identifier sans connaissances spécifiques. Une meilleure compréhension des indices de contrefaçon peut les aider à réagir de manière appropriée et à signaler les faits aux interlocuteurs compétents.

Quels risques pour les consommateurs ?

L’achat de produits nicotiniques sur un circuit non officiel peut présenter plusieurs difficultés pour les consommateurs. La première concerne la traçabilité : lorsque la provenance d’un produit ne peut pas être vérifiée, il devient plus difficile de connaître les conditions dans lesquelles il a été fabriqué, transporté et stocké.

Pour les cigarettes contrefaites, les conditions de production peuvent échapper aux contrôles applicables aux fabricants légaux. La composition exacte du produit, la qualité des matières premières et le respect des exigences de fabrication ne peuvent donc pas être présumés sur la seule base de l’apparence de l’emballage.

Des interrogations comparables peuvent se poser pour les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine vendus en dehors des circuits autorisés. Selon la nature du produit et son origine, l’étiquetage peut être incomplet, les informations relatives à la composition difficiles à vérifier ou la conformité aux règles applicables incertaine.

Il est cependant important de ne pas confondre l’ensemble des produits nicotiniques avec les produits contrefaits. Les produits commercialisés légalement sont soumis à des règles qui varient selon leur catégorie et le cadre réglementaire applicable. Le fait qu’un produit contienne de la nicotine ne signifie pas qu’il soit contrefait ou vendu illégalement.

Les produits de substitution nicotinique, notamment ceux destinés à accompagner l’arrêt du tabac, relèvent par ailleurs de catégories distinctes selon leur nature et leur statut réglementaire. Ils ne doivent pas être assimilés aux marchandises issues de la contrebande ou de la contrefaçon. L’enjeu est bien d’identifier les produits dont la provenance ou la conformité pose problème, sans établir d’amalgame entre des catégories différentes.

Comment les consommateurs peuvent-ils rester vigilants ?

La vigilance des consommateurs constitue un complément aux contrôles réalisés par les autorités. Plusieurs éléments peuvent inciter à examiner avec prudence un produit ou son circuit de commercialisation : une provenance difficile à établir, un emballage présentant des anomalies, des informations réglementaires manquantes ou des conditions de vente inhabituelles.

Un prix particulièrement bas peut également susciter des interrogations, même s’il ne constitue pas, à lui seul, une preuve de contrefaçon. Pour établir l’authenticité d’un produit, il est préférable de s’appuyer sur des éléments vérifiables plutôt que sur un seul indice visuel ou commercial.

Privilégier les circuits de distribution autorisés permet généralement de bénéficier de meilleures garanties concernant la traçabilité et le respect des obligations réglementaires. En cas de doute sérieux sur un produit, les consommateurs peuvent se tourner vers les autorités compétentes ou les organismes chargés de la protection des consommateurs afin de signaler la situation et de connaître les démarches appropriées.

La lutte contre le marché noir repose également sur la capacité des autorités à identifier les réseaux de production et de distribution, à saisir les marchandises illégales et à engager les procédures nécessaires. Les actions de sensibilisation menées auprès des professionnels et du public contribuent à cette démarche, en améliorant la reconnaissance des produits suspects et la circulation des informations.

Un enjeu qui nécessite une réponse coordonnée

La progression de la contrefaçon et de la contrebande de produits nicotiniques pose plusieurs défis à la Belgique. Les autorités doivent agir contre les structures de production clandestines, identifier les réseaux de distribution et limiter la circulation de produits dont la conformité ne peut pas être garantie.