
ActuEnvironnement publie une interview d’Isabelle Poitou (directrice générale de MerTerre) qui évoque sa coopération avec l’éco-organisme Alcome dans le cadre de l’opération Calanques propres qui a eu lieu récemment à Marseille (voir les 29 avril et 13 avril 2026). Nous en reprenons l’essentiel.
MerTerre s’appuie sur des données scientifiques pour lutter contre les déchets sauvages. Que révèlent-elles sur les mégots ?
Isabelle Poitou : Plus de 3 millions de mégots comptés entre 2020 et 2023 au cours de quelque 2 600 relevés : ce déchet est de très loin le plus présent dans l’espace public et sur le littoral français.
Or, il est extrêmement volatile et peut mettre plus de 10 ans à se dégrader dans la nature. Cette donnée est objectivée par nos méthodes harmonisées de caractérisation des macro-déchets (déchets solides et visibles à l’œil nu). Elles permettent à l’ensemble des acteurs de mesurer et rendre compte de la quantité et des typologies de déchets qu’ils ramassent. Ces données sont partagées sur notre plateforme collaborative « Zéro Déchet Sauvage ». La science participative se place ainsi au service de la sensibilisation, de la pédagogie et de l’action publique.
De quelle manière cette analyse scientifique permet-elle d’agir ?
L’analyse des données transmises par près de 800 structures qui scrutent les hotspots partout sur le territoire permet de comprendre les comportements et les usages. Elle apporte du rationnel dans un comportement plutôt irrationnel : détruire à petit feu son environnement. Maillon essentiel de la sensibilisation, la connaissance permet de prioriser les actions, de mener les bonnes campagnes au bon endroit et d’animer un réseau d’acteurs qui veulent agir. À l’instar de « Calanques Propres », à laquelle Alcome s’est associée avec sa marque-programme « Mon Mégot Où Il Faut ». Pour l’édition 2026 de cette opération scientifique et citoyenne, l’accent était mis sur les mégots, qui sont un fléau et le premier déchet abandonné sur nos littoraux.
Que visait cette action menée dans le parc national des Calanques ?
Les structures participantes étaient invitées à relayer les informations sur la gravité du mauvais jet de mégot. Ce partenariat avec Alcome nous a permis d’augmenter la portée de notre communication sur ce fléau. Notre objectif est de parvenir à ce que jeter son mégot au sol devienne socialement inacceptable. Or, plus de la moitié des fumeurs jettent encore leurs mégots au sol. C’est tout l’enjeu de la sensibilisation : partir de la donnée pour motiver l’action, cibler les bons publics, adapter les messages aux contextes.
Avec Alcome, nos intérêts sont communs : réduire la dissémination des mégots dans l’espace public, afin d’éviter qu’ils n’aboutissent dans les rivières et dans la mer, détruisant au passage les écosystèmes et la biodiversité.
(Voir les 29 avril 2026 et 13 avril 2026)




