Pourquoi la lutte anti-tabac rencontre-t-elle une résistance particulièrement forte parmi les fumeurs pauvres ? Patrick Peretti-Watel, sociologue à l’Inserm, propose des éléments de réponse à partir de 31 entretiens approfondis avec des fumeurs en situation de précarité, réunis dans un livre paru le 15 mars « La cigarette du pauvre. Enquête auprès des fumeurs en situation précaire » (Presses de l’EHESP).
Selon l’auteur, toutes les catégories socioprofessionnelles ne seraient pas égales face à la cigarette et à l’arrêt du tabac. D’après les données indiquées dans le livre, en 2000, on comptait 36% de fumeurs chez les cadres et 45% chez les ouvriers. En 2005, ils étaient 25% chez les cadres, 43% chez les ouvriers.
En une demie décennie, concernant les chômeurs, le nombre de fumeurs est passé de 45% à 50%.
D’après les entretiens, pour ces fumeurs privés d’argent, de loisirs, et souvent isolés, la cigarette annonce un moment « préservé », l’occasion d’en soulager provisoirement les tensions, et aussi le moyen de restaurer un lien social qui se délite.




