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8 Juil 2017 | Trafic
 

Dans son édition de ce vendredi 7 juillet, Le Parisien/Aujourd’hui en France revient dans un article de Daniel Rosenweg sur le sujet, autant technique que polémique, de la traçabilité du tabac (voir Lmdt des 17, 10 et 6 mars).

Synthèse du problème vu par l’auteur de l’article, plutôt à charge contre les fabricants : « un système de traçabilité des cigarettes est à l’étude en France. Les industriels, soupçonnés d’alimenter les pays frontaliers où le tabac est moins cher, freinent des quatre fers ».

Extraits :

•• L’État table sur la mise en place d’un système de traçabilité des paquets de cigarettes qui doit permettre de connaitre non seulement le lieu de fabrication mais aussi de stockage et de livraison … « Cela va permettre de démontrer que les cigarettiers nourrissent la fraude en suralimentant les pays frontaliers » annonce Philippe Juvin, député européen LR (photo ci-dessus / voir Lmdt du 20 mars).

•• Prévu par le protocole de l’OMS sur la lutte contre le tabac, signé par la France en 2015, et l’Europe en 2016, ce futur dispositif est en phase de définition. En France, la Direction générale de la Santé travaille à la rédaction d’un appel d’offres pour que des sociétés indépendantes installent et gèrent cette traçabilité.

Au niveau européen, une réunion est prévue le 12 juillet pour fixer les modalités de ce dispositif dont le coût doit être financé par … l’industrie du tabac.

« L’activité des lobbies pro-tabac à Bruxelles n’a jamais été aussi phénoménale » alerte Philippe Juvin.

L’inquiétude est partagée par le Comité national contre le Tabagisme, dont la directrice générale, Emmanuelle Béguinot, constate que les « industriels sont surreprésentés dans les réunions préparatoires » et insiste sur la nécessité de « veiller à ce qu’ils ne s’immiscent pas dans le dispositif ».

•• Les industriels se défendent : « nous avons mis au point un dispositif mais nous n’y aurons pas accès et nous ne pourrons pas le modifier. Alors pourquoi ne pas l’utiliser ? » plaide Éric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de British American Tobacco. « Ça n’est pas de notre faute si les prix en France sont les plus élevés d’Europe. On ne va pas refuser de vendre dans les autres pays ».