On s’en doutait … mais le reportage que vient de publier l’AFP sur le quotidien d’une localité frontalière du nord de la Syrie est édifiant. Le marché noir (de la voiture haut de gamme aux cigarettes) est devenu pour beaucoup de Syriens le seul moyen de survivre économiquement … et encore.
Située à 40 kilomètres d’Alep et à 5 kilomètres de la frontière turque, Azaz est une ville stratégique pour les rebelles (« libérée » du régime el-Assad en juillet) mais aussi une plaque tournante du marché noir.
Abou Assad, marchand de cigarettes depuis 12 ans, raconte que c’est dans un certain quartier d’Alep (Ban al-Nera) qu’on peut trouver des montagnes de cartouches. Il explique que « beaucoup de gens ont perdu leur emploi depuis le début de la guerre et ont commencé à vendre des cigarettes ». Leur approvisionnement ? : « Nous achetons les cigarettes en Irak, nous avons nos fournisseurs … C’est meilleur marché (près de 10%) que les cigarettes achetées en Syrie ou en Turquie », affirme-t-il. Malgré cela, ce trafic lui rapporte seulement trois dollars par semaine, à peine de quoi nourrir sa famille.
Les affaires marchent un peu mieux pour les carburants ou les voitures de luxe, tout en sachant qu’il faut compter, pour les premiers, avec l’impôt révolutionnaire de l’Armée syrienne libre et, pour les secondes, aux ventes forcées, à bon prix, aux rebelles.




