Comme un besoin de partager un même ras-le-bol.
À l’initiative de Pascal Brie (président des buralistes de l’Aube), une trentaine de représentants de commerçants et artisans se sont retrouvés à Troyes, ce mercredi 3 février. Et l’initiative n’a pas échappé à L’Est Éclair / Libération Champagne qui est revenu largement dessus dans son édition de ce vendredi 5 février.
Buralistes, taxis, boulangers, pharmaciens, artisans du bâtiment, jeunes agriculteurs … Manifestement, ils ont quelque chose à dire.
« Déjà, le fait qu’on soit si nombreux à se réunir en moins de trois jours, ça veut dire quelque chose.
« Nous sommes la France qui se lève tôt et si on fait le calcul, nous gagnons souvent moins que le Smic ».
Et l’un de ses collègues de rajouter : « les trafiquants de tabac, aujourd’hui, gagnent plus que nous ! ».
Mais comme nous l’avons indiqué, il n’y a pas que les buralistes à rejoindre ce qu’il faut bien appeler une coordination « de base » de socio-professionnels :
• « On est en train de tuer la coiffure française » s’insurge Sylviane Paillard, présidente de la chambre syndicale départementale des coiffeurs, n’acceptant pas que l’on veuille supprimer la condition du brevet pour ouvrir un salon. « Ce n’est qu’un diplôme à passer et il n’est pas si difficile. Nous, on a neuf salariés et ils l’ont tous ! ».
• Autre colère, celle des taxis. « Le gouvernement vient de publier un décret. Désormais, pour être chauffeur, il suffira de satisfaire un questionnaire de niveau CM2. C’est n’importe quoi, ils transportent quand même des personnes. Nous, taxis, il nous faut plus de cent heures de formation ».
• Analyse de Éric Plestan, président de la Capeb (artisans du bâtiment) de l’Aube : « on assiste à une formidable régression sociale. Demain, on va avoir des gens qui vont travailler pour rien ! ».
Ainsi, leur vrai problème est finalement identifié aux yeux du quotidien : la déréglementation sauvage (loi Macron, directives européennes …) ; l’absence de contrôle dans des pans entiers de l’économie et la concurrence déloyale venue de l’étranger.
Pour le moment, il s’agit de se coordonner. Mais une première manifestation interprofessionnelle devrait rapidement être à l’ordre du jour.




