Cela va faire deux mois que Marisol Touraine a annoncé qu’elle entendait imposer le paquet neutre (paquet générique). Dans la surprise générale. En faisant fi de la dernière Directive tabac européenne et alors qu’aucun pays d’Europe continentale n’envisage la même mesure, pour le moment.
Et dans la mesure où le sujet devrait être débattu au Parlement, au début de l’année prochaine, on s’aperçoit que peu de gens ont une idée précise de ce à quoi pourraient ressembler ces paquets neutres.
• Les buralistes ? Ils avaient leur petite idée là dessus. Mais c’est à Losangexpo, en visitant le « débit de demain » que ces professionnels ont vraiment eu le choc, en pleine face, d’un linéaire composé uniquement de paquets à l’australienne (voir Lmdt du 8 novembre). Actuellement, les chambres syndicales diffusent dans leurs assemblées générales un petit clip pédagogique sur le sujet. Alors, les buralistes commencent à comprendre que leur métier ne sera plus tout à fait comme avant … Et c’est pour cela que leur colère monte et commence à s’exprimer (voir Lmdt des 16, 18 et 20 novembre).
• Les parlementaires et autres hommes politiques ? Feintes ou réelles, leurs réactions sont à peu près toujours les mêmes quand un responsable syndical buraliste leur présente le projet de Marisol Touraine (et cela, quelle que soit leur appartenance politique) : « c’est pas possible ! » ; « mais je n’imaginais pas les paquets, comme cela ! » ; « ça ne marchera pas en France » ; « mais cela ne va rien changer, il y aura toujours autant de fumeurs ! ». En dehors d’une petite minorité s’alignant sur la ministre de la Santé par solidarité politique, la plupart des politiques « tombent de leur chaise », une fois la reproduction du paquet neutre en main ou sous les yeux. Reste que cela ne préjuge pas de leur futur vote.
• L’opinion publique, et singulièrement la grande majorité des fumeurs, n’a encore qu’une très vague idée du projet. A priori, les sondages montrent qu’ils ne croient guère en leur efficacité (voir Lmdt des 4 octobre et 28 septembre). Mais le sujet n’a pas encore éclaté dans les conversations de tous les jours. Avec les mouvements d’humeur actuels des buralistes, cela ne saurait tarder.




