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A l’instar du Losange (dont la couverture « générique » a été remarquée / voir Lmdt du 13 octobre), la Revue des Tabacs de ce mois, destinée aux professionnels, consacre tout un dossier au « paquet neutre ». Il comprend, notamment, un entretien avec Pascal Montredon (« nous sommes déterminés à engager une très forte mobilisation : nous irons jusqu’au bout »).

Australie PaquetsOn y remarquera aussi une interview de Jeff Rogut (directeur général de l’Australasian Association of Convenience Stores / AACS) représentant des boutiques de proximité (épiceries / drugstores) pesant pratiquement 20 % de la vente du tabac en Australie. Et il nous donne son témoignage sur l’évolution des ventes avec les paquets neutres (génériques) : « Selon l’institut Aztec, qui est indépendant des compagnies du tabac ou des réseaux de vente, le chiffre d’affaires total du tabac dans les épiceries et les drugstores d’Australie, sur une année roulante arrêtée à juin 2014, est en progression de 7,3 %. Plus précisément sur cette même période, ce sont les segments entrée de gamme (+ 61,7 % … vous avez bien lu) et tabac à rouler (+ 29,1 %) qui grimpent le plus, au détriment du premium qui baisse de 7,4 % ».

Ce qui s’explique aussi par la politique tarifaire appliquée là-bas (l’équivalent d’un paquet de 20 de Marlboro est aux alentours de 12 euros). Mais il semble bien que le « paquet neutre » ne présente pas d’impact en termes de baisse de consommation (voir Lmdt des 24 mars et 24 avril).

Remarque en passant : cette donnée, si elle se confirmait, indique seulement que le paquet neutre ne contribue pas en soi, pour le moment, à une baisse significative de la consommation. Cela ne signifie pas pour autant que les fumeurs et les professionnels du secteur du tabac sauraient s’en accommoder. En France, les dégâts collatéraux seraient divers et bien réels : sentiment d’humiliation « pour rien » ; déstabilisation du réseau des débitants et de leur point de vente ; développement facile de la contrefaçon ; disparition d’entreprises et d’emplois, etc. On y reviendra.