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21 Oct 2026 | Profession
 

Deux minutes pour tout détruire. Des années pour tout construire.
Ce week-end, des commerçants ont vu leur établissement pillé, saccagé, parfois sous leurs propres yeux, impuissants face à ce déferlement.
Dans l’Aisne, nous avons été épargnés. Mais jusqu’à quand ?
C’est ainsi que débute un message sur LinkedIn, le 20 octobre, de Walid Bouakil, président des buralistes de l’Oise (voir 7 septembre).

En tant que commerçant, ces images me révoltent autant qu’elles m’inquiètent pour l’avenir.
Ce qui me choque particulièrement, c’est l’inconscience de certains de ces individus qui agissent à visage découvert, parfois en rigolant, comme s’il s’agissait d’un jeu.
L’effet de masse semble leur faire oublier une chose essentielle : derrière chaque commerce, il y a une vie, une famille, des salariés et des années de sacrifices.
Des femmes et des hommes qui se lèvent tôt, travaillent six ou sept jours sur sept, prennent des risques, investissent et consacrent une grande partie de leur vie à faire tourner leur entreprise.

Et en moins de deux minutes, tout peut basculer.
Comme si la période n’était pas déjà suffisamment difficile pour nos commerces !
Entre la hausse des charges, les difficultés économiques et les incertitudes qui pèsent sur notre activité, beaucoup de commerçants se battent déjà au quotidien pour maintenir leur entreprise à flot.
Et à l’approche des fêtes de fin d’année, période pourtant essentielle pour nombre d’entre nous, le climat actuel n’augure rien de bon.
Comment préparer sereinement cette période lorsque l’on doit désormais craindre de voir son outil de travail détruit en quelques instants ?
Comment peut-on trouver amusant de détruire ce que d’autres ont mis des années à construire ?

Aujourd’hui, c’est chez les autres. Demain, ce sera peut-être chez nous.
Et c’est bien cela qui m’inquiète. Jusqu’où irons-nous si de tels agissements finissent par devenir une banalité ?
J’espère sincèrement que la justice fera son travail, que les responsables seront identifiés et qu’ils devront répondre de leurs actes avec des sanctions à la hauteur des préjudices causés.
Parce qu’il est tout simplement anormal qu’un commerçant qui travaille dur toute l’année puisse se retrouver à tout perdre en quelques instants, spectateur impuissant de la destruction de son outil de travail.

À tous les commerçants touchés ce week-end, je veux exprimer mon soutien et ma solidarité.
Nous ne demandons pas grand-chose : simplement pouvoir travailler, faire vivre nos commerces et envisager l’avenir sereinement.
Est-ce devenu trop demander ?