Le sénateur socialiste de l’Aude, Sébastien Pla, veut créer un délit de jet de mégot en période de risque d’incendie, passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Invité d’ICI Provence le 3 septembre, il veut « faire bouger les consciences ».
Nous reprenons l’information.
Le constat est inquiétant : selon une enquête publiée cet été par la Fondation Vinci Autoroutes (voir le 1er août), 17 % des automobilistes fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur voiture. Et plus d’un tiers de ceux qui le font pensent que ce geste n’est pas vraiment dangereux.
Pour Sébastien Pla, sénateur socialiste de l’Aude, les sanctions actuelles ne sont plus à la hauteur du risque. Jeter un mégot est aujourd’hui passible d’une amende de 135 euros. Sa proposition de loi veut faire de ce geste un véritable délit lorsqu’il est commis dans une situation de risque d’incendie, avec une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.
« On ne va pas mettre tous les fumeurs en prison »
Face à une peine qui peut sembler particulièrement sévère, Sébastien Pla insiste : il s’agit de la peine maximale encourue et elle ne doit pas s’appliquer à n’importe quel jet de mégot. « On ne va pas mettre tous les fumeurs en prison, ce n’est pas l’objectif ».
Le sénateur vise les périodes où les conditions sont particulièrement propices aux départs de feu : vent fort, végétation sèche, fortes chaleurs et restrictions décidées par les préfectures. Il veut surtout changer la perception d’un geste encore trop souvent considéré comme banal. « Ce que je veux vraiment, c’est faire bouger les consciences du danger que peut provoquer un geste tout simple », dit-il.
Un mégot jeté alors que l’Aude brûlait encore
L’idée de cette proposition de loi est notamment née d’une scène survenue après le gigantesque incendie qui a frappé l’Aude à l’été 2025. Alors que le feu n’était pas encore terminé et qu’un massif restait fermé, un maire du département a vu une personne jeter un mégot par la fenêtre de sa voiture.
L’élu a tenté de la rattraper, relevé sa plaque d’immatriculation et fait intervenir la police municipale. Mais la sanction restait celle prévue pour l’abandon d’un déchet : 135 euros.
« Il m’a appelé et m’a dit : est-ce qu’on ne pourrait pas changer de niveau d’amende pour ce genre de comportement totalement inadmissible ? », raconte Sébastien Pla.
La proposition de loi doit maintenant être inscrite à l’ordre du jour du Sénat avant de pouvoir commencer son parcours parlementaire. Sébastien Pla, qui a reçu le soutien de plusieurs dizaines d’élus, veut profiter de la rentrée pour accélérer. « À la rentrée, on va remettre la pression pour qu’elle soit inscrite à l’agenda du Sénat », promet-il.




