C’est presque en s’excusant que les militants anti-tabac de la Société japonaise du Contrôle du Tabac ont admonesté par courrier, en début de semaine, le studio qui produit les dessins animés du grand illustrateur-réalisateur japonais Hayao Miyazaki. Son dernier film, sorti le 20 juillet au Pays du Soleil Levant, contiendrait trop de « scènes montrant des personnes en train de fumer ».
« Le Vent se lève » (« Kaze Tachinu ») raconte, en effet, une partie de l’histoire de la vie d’un ingénieur aéronautique, Jiro Horikoshi, concepteur du porte-étendard de l’armée de l’air japonaise durant la deuxième guerre mondiale : l’avion de chasse Mitsubishi « Zéro ».
L’association anti-tabac se demande bien pourquoi un dessin animé « que beaucoup d’enfants vont aller voir » présente des scènes où l’on fume : dans des salles de classe, sur un lieu de travail où tous les employés fument y compris les supérieurs hiérarchiques, au restaurant. Pire : quelle est l’utilité de « montrer des passages romantiques au cours desquels le personnage central fume alors qu’il se trouve en compagnie de sa bien-aimée ? ».
Pas de menace de recours à l’horizon. Dans son courrier, l’association demande au studio Ghibli de prendre en considération ces reproches, tout en prenant soin de souligner « n’avoir nullement l’intention de calomnier les œuvres de Miyazaki et dit espérer que d’autres dessins animés viendront distraire les enfants ».
« Le Vent se lève » est sélectionné pour la prochaine Mostra de Venise.




