
Taxer et interdire ne suffisent plus, juge Xavier Puech, président de Philip Morris France. Pour accélérer le recul du tabagisme, il prône une politique de réduction des risques qui ferait davantage de place aux alternatives sans combustion destinées aux fumeurs adultes.
C’est l’essentiel d’une tribune de Xavier Puech, président de Philip Morris France, mise en ligne par le JDD le 4 novembre.
Trente-cinq ans après la loi Évin, près d’un Français majeur sur quatre fume encore. Pourtant, les taxes augmentent chaque année, les interdictions se multiplient, les campagnes se succèdent. Depuis plus de trente ans, la réponse de la puissance publique tient en deux mots : taxer et interdire. Ce n’est pas une politique de santé. C’est une politique de répression. Et elle a atteint ses limites.
Le Mois sans tabac, qui entame sa onzième édition, illustre le même angle mort. Malgré la baisse du tabagisme, le nombre d’inscrits à l’opération a été divisé par deux entre 2018 et 2025, signe d’un désintérêt croissant pour ce type d’action ponctuelle. Alors oui, l’initiative aide ceux qui sont prêts à arrêter, et c’est nécessaire. Mais elle ne fait pas suffisamment de place aux alternatives sans combustion, qui peuvent constituer une solution pour ceux qui, sans cela, continueraient à fumer. Elle ne hiérarchise pas les risques. Elle ne valorise aucun progrès. Et l’on reconduit la recette, à l’identique, chaque novembre, en s’étonnant en décembre que cela ne fonctionne pas.
Alors, je le dis sans ambiguïté : oui, il faut mettre fin à la cigarette. Je dirige une entreprise qui a décidé d’en finir avec elle, le plus vite possible. Et je suis convaincu que, pour encourager les fumeurs adultes qui n’arrêteraient pas autrement à quitter la cigarette, il faut leur donner accès à des alternatives moins nocives, plutôt que de s’appuyer essentiellement sur la hausse des taxes. C’est pourquoi la réduction des risques, qui a fait ses preuves dans de nombreux autres domaines, peut devenir un pilier à part entière de notre politique de lutte contre la cigarette.
Entre la cigarette et l’abstinence totale, il existe des alternatives sans combustion, déjà choisies par des millions de Français comme une meilleure option que la cigarette. Les traiter exactement comme la cigarette qu’elles remplacent, c’est nier leurs différences, ignorer la science et décourager ceux qui font un meilleur choix que de continuer à fumer. D’autres pays ont adopté des approches différentes. En Suède, 5,4 % des 16-84 ans fumaient quotidiennement en 2024. Le snus et les sachets de nicotine y sont largement utilisés. De l’autre côté des Alpes, l’Italie applique au tabac chauffé – et non brûlé, comme dans une cigarette – une fiscalité réduite par rapport à celle de la cigarette, reconnaissant que tous les produits ne présentent pas le même niveau de risque. Ces exemples existent. Il suffit de vouloir les regarder.
La France peut continuer à compter les fumeurs et les saisies de paquets illicites, ou choisir d’accompagner les fumeurs. Réellement. Pour cela, il est nécessaire d’évaluer scientifiquement ces alternatives à la cigarette afin d’adopter une approche proportionnée au profil de risque de chaque produit. Ce pas, la France ne l’a pas encore franchi. Il est encore temps.




