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12 Août 2026 | Trafic
 

C’est un vaste coup de filet, annoncé par un communiqué de la Direction générale de la Gendarmerie nationale. La section de recherches de Lille a mis au jour un trafic de cigarettes contrefaites entre la France et la Belgique.
La marchandise était produite Outre-Quiévrain dans des usines clandestines avant d’inonder le marché de la métropole lilloise.
Les enquêteurs ont établi que depuis décembre, les importations de ce réseau auraient représenté une valeur marchande estimée à 12 millions d’euros, « l’équivalent du volume de vente de 20 buralistes lillois sur la même période » (voir le 8 août).

Les cigarettes étaient revendues sur les réseaux sociaux, « notamment via Snapchat », a précisé la lieutenante-colonelle Cécile Lambert, qui dirige la SR de Lille, à l’AFP. En huit mois, les trafiquants auraient acheminé 120 convois vers la France, chaque convoi permettant l’importation de 7 500 paquets de cigarettes. Ils étaient revendus de deux à trois fois moins chers que le prix légal, « à 40 ou 50 € la cartouche, contre 130 € chez un buraliste », précise une source proche du dossier. Les paquets, neutres, imitaient l’identité visuelle de la marque Marlboro. Ils présentaient apparemment des erreurs typographiques permettant d’identifier leur caractère illicite.

Les gendarmes ont démantelé ce réseau grâce à un renseignement parvenu à leurs services en avril, pointant l’existence de ce trafic métropolitain via les réseaux sociaux. Ils ont ensuite établi ce transit entre la Belgique et la France et interpellé mardi quatre Français, âgés de 30 à 50 ans. Les perquisitions menées à leurs domiciles et dans les lieux de stockage ont amené à la découverte de 600 cartouches de cigarettes contrefaites, de 223 500 € en numéraire, d’une arme de poing et de plusieurs compteuses à billets. Des stupéfiants ont également été saisis : 1 kg de résine de cannabis, 400 g de cocaïne et 360 g d’herbe de cannabis.

Les enquêteurs auraient identifié la tête de réseau d’importation et deux revendeurs, notamment poursuivis pour détention de marchandise contrefaisante. Deux font l’objet d’un contrôle judiciaire, tous trois sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Lille le 28 janvier. Deux des mis en cause avaient des antécédents judiciaires, dont l’un pour trafic de stupéfiants, a précisé la lieutenante-colonelle Lambert à l’AFP. La quatrième personne interpellée devrait être convoquée devant la justice ultérieurement.

Cette opération judiciaire est intervenue quelques jours avant le démantèlement d’une méga-usine de production de cigarettes contrefaites (voir le 8 août). Ce jeudi, la douane belge a en effet mis au jour une importante usine clandestine de fabrication de cigarettes installée dans les halls de l’ancien site Amcor, qui a fermé ses portes en 2023, à Monceau-sur-Sambre, une commune de Charleroi. L’opération a permis la saisie d’un million de cigarettes de contrefaçon, de 19 tonnes de tabac, ainsi que de plusieurs machines onéreuses servant à leur fabrication.