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16 Juil 2026 | Profession
 

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas évoqué la fenêtre d’Overton (ndlr : tout ce qui correspond au « politiquement correct »). Elle ne déplace pas seulement les idées. Elle déplace notre boussole morale. »
C’est ainsi que débute une communication, publiée sur LinkedIn le 11 juillet, de Cyrille Geiger (ancien buraliste innovant, formateur et entrepreneur). Nous la reprenons.

« Les innocents deviennent coupables et les coupables deviennent dirigeants.
Depuis plusieurs années, les buralistes sont devenus une cible idéale.
À chaque nouvelle annonce dite de santé publique, le même réflexe : désigner celui qui vend légalement comme s’il était responsable de tout.

Pourtant, une réalité est trop souvent passée sous silence. Pour devenir buraliste, il faut avoir un casier judiciaire vierge. L’État l’exige. Pourquoi ?
Parce qu’il confie au buraliste une mission de confiance. Le buraliste est préposé de l’administration. Il collecte des taxes, contrôle l’âge des acheteurs, applique une réglementation parmi les plus strictes du commerce français. Il est contrôlé, sanctionné et peut perdre son activité au moindre manquement.

Cette exigence de probité est normale.
Ce qui l’est beaucoup moins, c’est le contraste avec notre vie publique.
Ceux qui décident de l’avenir des buralistes ne sont pas soumis à la même obligation de probité. Plus troublant encore, notre démocratie a déjà vu des responsables politiques condamnés dans l’exercice de leurs fonctions continuer à occuper, ou retrouver, des responsabilités publiques de premier plan.

Les responsables politiques ne sont pas comptables de leurs fautes ni de leurs échecs, car ils ont la parole et manipulent une réalité avec la complaisance médiatique bien-pensante.
Voilà le paradoxe.
L’État exige une exemplarité irréprochable de celui qui applique la règle.
ais il n’impose pas le même niveau d’exigence à tous ceux qui l’écrivent.
Et pendant ce temps, le débat continue de présenter les buralistes comme un problème de santé publique plutôt que comme des commerçants chargés d’appliquer les décisions de l’État.

C’est cela, le véritable déplacement de la fenêtre d’Overton.
On ne discute plus des résultats des politiques publiques.
On ne s’interroge plus suffisamment sur le marché parallèle, les trafics, les achats transfrontaliers ou l’efficacité réelle des mesures annoncées.
On ne s’interroge pas sur l’abandon par nos dirigeants du marché du tabac aux organisations mafieuses.
On désigne un responsable à condamner.
Toujours le même.
Le buraliste.

On devrait demander au moins autant de probité à ceux qui décident qu’à ceux qui exécutent.
Notre système ne donne pourtant pas ce sentiment… »