« Favilla »: sous ce pseudo collectif, le journal économique Les Echos a pour habitude de donner « son opinion » sur l’actualité. Généralement, cela correspond à ce que pense « le monde des affaires ».
Dans l’édition de ce week-end (daté 9/10 août), Favilla revient sur le processus de légalisation de la marijuana dans lequel est engagé le gouvernement uruguayen (voir Lemondedutabac du 2 août). Avec la (désormais) « traditionnelle »assimilation entre tabac et drogues.Reste que le débat s’ouvre de plus en plus …
Selon les Echos, la décision de l’Uruguay « a le mérite de poser courageusement le problème : plutôt affecter à la collectivité qu’aux trafiquants les profits tirés de cette consommation de drogue devenue incontournable (on pense au tabac).
« Pour nous éclairer de quelques chiffres, on rappellera que, en France par exemple, le gramme de cannabis se vend autour de 7 euros (50 pour l’héroïne, 70 pour la cocaïne). Or, une étude américaine, assise sur l’hypothèse d’une production rationnelle, évalue son prix de revient théorique à cent fois moins, soit une fourchette de 0,02 à 0,09 dollar selon la qualité. Il y aurait là de quoi désespérer les trafiquants et faire fantasmer Bercy, dont l’addiction à la recette fiscale est connue.
« Il faut savoir cependant que, en France (et sans doute ailleurs) le milliard d’euros de chiffre d’affaires du cannabis irrigue une économie principalement composée de petits dealers, dite économie de « débrouille » ou de « survie » par les études officielles, et qui soutient l’économie des quartiers. La ruiner serait certes moral mais pourrait aggraver leur déstabilisation : en quoi le marché a toujours sa place.
« Il n’empêche que si le président uruguayen pouvait mener à terme son projet, il nous fournirait d’utiles enseignements.
« A vrai dire, le plus grand défi est dans les 250 milliards annuels de chiffre d’affaires mondial du marché des drogues dures (3 milliards en France) avec les profits scandaleux qui en découlent et sa capacité à déplacer éventuellement ses pratiques vers de nouveaux secteurs » (sic).




