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29 Sep 2026 | Trafic
 

Deux Corses ont comparu ce 25 septembre 2026 au tribunal de Charleville-Mézières, en audience de comparution immédiate, pour avoir transporté du tabac de contrebande.
Nous reprenons l’information de Camille Gaubert dans l’Ardennais du 28 septembre.

Tous deux, un homme et une femme en couple depuis plusieurs années, ont été contrôlés le 22 septembre par les Douanes sur l’A34 au niveau du lycée agricole à Rethel. Dans leur camionnette, les douaniers découvrent 460 kilos de cigarettes dans 46 cartons, ce qui équivaut à une valeur marchande de 310 000 euros.

Entendus par les enquêteurs, ils déclarent ne pas avoir connaissance de la nature réelle de la marchandise. Ils pensaient transporter du lino.
Le prévenu explique qu’une personne l’a contacté sur Snapchat pour lui proposer, contre 500 euros, de transporter du lino entre Bruxelles et Montpellier.

La présidente met en évidence d’emblée l’incohérence à accepter un transport à 500 euros alors que le prix du bateau pour venir en métropole était déjà de 450 euros.
« C’est une opération nulle. L’hôtel à Bruxelles, il était aussi à vos frais. Votre opération, c’est du bénévolat ! »

Le prévenu tente d’expliquer ses motivations. « On habite en Corse, le coût de la vie est beaucoup plus élevé. C’est plus judicieux pour nous de prendre le bateau pour faire le plein et de revenir. Avec ces 500 euros, mon billet de bateau était remboursé. L’objectif était aussi d’acheter des habits pour mon enfant pour la rentrée. » L’homme devait aussi se rendre à Montpellier. Ainsi, grâce à ce trajet en camionnette jusqu’à Bruxelles, ce voyage qu’il devait effectuer ne lui coûtait rien.
Au cours de l’audience, la Procureure déclare que les deux prévenus « sont considérés comme des détenteurs de marchandises de fraude, donc responsables du délit. Il y a une présomption de culpabilité sauf s’ils la renversent. Dire qu’ils ne savaient pas est insuffisant. »
Elle requiert contre chacun 10 mois avec un sursis simple et une amende douanière de 300 000 euros, à payer solidairement.

De son côté, l’avocate de la prévenue a insisté sur le fait qu’« à part sa présence, rien ne permet de la rattacher à un trafic de tabac. Elle ne faisait que l’accompagner. Son objectif était de repartir à Montpellier puis de faire les magasins. »
Pour l’avocate de son compagnon, « la bonne foi [de ce dernier] peut être démontrée. J’entends que cela peut paraître abracadabrantesque : pourquoi pour du lino ? Car, cette personne, qui lui a proposé le transport, lui dit qu’il rénove des logements et qu’il a des plans pour des matériaux. On lui dit qu’il peut avoir un voyage tous frais payés, mais il faut faire un détour par Bruxelles. »

Les deux prévenus ont finalement été reconnus coupables par le tribunal de Charleville-Mézières.
Ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

Ils ont également été condamnés à régler solidairement la somme de 150 000 euros aux Douanes. La présidente précise que le montant a été « modulé en raison du caractère frelaté du tabac retrouvé. »

(Voir 6 juillet 2026 et 30 janvier 2026)